Le blog de Lacassaigne Adrien

Je viens de terminer le livre « Guilda » de Jean Guida, l’autobiographie du premier transformiste au monde !

Un livre qui m’a été envoyé fort  aimablement par son éditeur, Maurice Favreau.

Combien de fois n’avons-nous pas entendu, nous les transformistes…

-Tu devrais écrire un livre ! Avec toutes les aventures que nous avons traversées.

Malheureusement,  certain se sont pris au jeu, moi en tête. Nous avons  publiés des livres consternants de banalités et de médiocrités littéraires.

Nous avons trop aimés nos mères, et nous aimons raconter nos enfances perturbées. Nous avons croisés des gens célèbres et nous aimons que ça se sache comme pour masquer le manque de confiance en nous. Nous aimons le sexe, on a donné dans la partouze people. Sur scène, nous avons tout inventés. Voilà tout est dit.

 Le problème c’est que le talent de l’écrivain, nous ne l’avons pas. Nous ne manions la plume que d’une façon, en boa ! Le seul livre qui tire son épingle du jeu dans le genre est  « Marie, parce que c’est joli » de Marie-Pierre Pruvot alias Bambi. Ce livre est magnifiquement bien écrit tout en élégance et en pudeur.

Mais que dire alors de ce « Guilda » ?

D’abord que le livre regorge de fautes d’orthographe, mais là je suis mal placé, je suis champion en la matière aussi.

Que le personnage de Guilda m’est apparu fort antipathique, prétentieux, égocentrique à souhait.

Au chapitre des célébrités, il est ami avec Mistinguett, Joséphine Baker, Piaf.  Je veux bien…bon !

Il a tout inventé (lui aussi) rien que le titre de PREMIER transformiste au monde en dit long. Tony Curtis lui a piqué le rôle qu’il tenait aux côtés de Marylin dans "Certains l’aiment chaud"… Mae West copiait ses numéros…il fait fort l’artiste !

La difficulté d’assumer une double personnalité, être dans la lumière en femme et dans l’ombre en homme…On a tous vécu ça mon grand !

Il aimait le sexe, il a fait des enfants sans avoir le temps de les élever car il y avait sa carrière !

Tout ça ne le rend pas très sympathique ce Jean Guida !

Je ne sais pas si c’était un bon artiste, je n’avais jamais entendu parler de lui avant ce livre, mais à la vue des photos découvertes sur internet je suis certain qu’il avait le don du maquillage et de la métamorphose. Il était absolument magnifique. Ce qui est certain également c’est qu’il adorait  « le cabaret » et rien que pour cela je suis allé au bout du livre.

 A mon sens il faut probablement lire entre les lignes et deviner la solitude et la détresse d’un artiste meurtri de n’avoir pas fait la carrière dont il rêvait. Un homme seul qui n’a pas su aimer les bonnes personnes au bon moment. Un homme qui n’a aimé que lui et son double maquillé. Les apparences jouent contre lui, derrière le strass, il y a un clown triste, cette « Guilda ».

Et la tendresse me revient, oui je vous conseil le livre de Jean Guida si comme lui, comme moi, vous aimez le music-hall. Il a été courageux de l’écrire, il a probablement monté de très beaux spectacles en tous cas il a aimé ce métier du plus profond de son âme. Peu importe si le vieil homme fabule un peu, après tout il ne fait de mal à personne. Et cette Guilda, une sacré bombe ! Ses costumes de scène étaient éblouissants. 55 ans de carrière ça se respecte.

Bravo Guilda.

Guilda.jpg
Beau parcours Monsieur Jean, vous êtes un sacré bonhomme. Vous n’avez pas été un grand acteur, et alors, la bonne affaire. Vous êtes un créateur, un magicien, un bijou. Le talent que vous possédez ne se mesure pas au nombre de récompenses reçues ni de pages  dans les journaux  peoples. Je pense que nous avons tous du talent, au moins un talent ! Certains plus que d’autres mais ils s’en servent parfois mal à propos. Certains se trompent de talent et s’obstine en vain. Il y a ceux qui ont un talent pour les mathématiques, la musique, la peinture, la danse, la littérature, la cuisine, la recherche…. Ils y en a même qui ont un talent détourné, l’escroquerie, le mensonge, la peur… D’autres ne le trouve jamais et passent à côté de leur vie.

Vous, Monsieur Jean, qui semblez avoir quelques réserves avec le mot : « Talent » je pense qu’il ne suffit pas d'en avoir,  Il faut encore savoir s'en servir.  Vous avez eu le talent de l’ambigüité, vous l’avez reconnu et vous avez  travaillé dur pour être le meilleur, c’est magnifique. En revanche Monsieur Jean, je pense que la modestie est la housse du talent. L'âge, en nous libérant de nos passions égocentriques, nous rend plus  disponibles, plus aptes à redécouvrir les autres, non ?

Il faut mettre son génie dans sa vie et son talent dans ses œuvres. Disait Oscar Wilde.

Le livre de Jean Guida est disponible à travers : www.guilda.fr

 

Dim 7 mar 2010 Aucun commentaire