La Cage Aux Folles

Publié le par Costa du Centaure

La Cage Aux Folles 2010 !

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Tristesse ! Quoi dire d’autre lorsqu’on réserve une place pour aller voir cette pièce et que l’on s’attend à rire pendant deux heures et qu’en fin de compte j’ai à peine souri un instant à une réplique de second rôle.

J’ai vu la Cage Aux Folles en 1976 au théâtre du Palais Royal. Avec Jean Poiret et Michel Serrault, et voilà, tout est dit, tout est là ! Cette pièce écrite sur mesure pour ces deux monstres sacrés ne souffre pas le  fac-similéo. Je m’étais pourtant préparé, je savais que je ne pouvais pas retrouver la même magie du rire toutes les 10 secondes, mais amateur du genre je voulais quand même voir de mes yeux ce que je redoutais et de ce côté-là je n’ai pas été déçu, ni Clavier ni Bourdon n’arrivent à la cheville des créateurs de la pièce.

Pour être honnête le texte, même si il a été un peu modifié  a quand même vieilli. Mais le manque de magie tient essentiellement à la distribution.

Christian Clavier fait du Christian Clavier. Ce n’est pas un mauvais comédien, mais le rôle n’est pas pour lui. Il n’a pas l’élégance de Jean Poiret et tout dans ce personnage de Georges doit être "élégance". Ce spectacle me fait penser à un one man show «  Clavier » avec quelques figurants autours pour le mettre en valeur, mais même ça, ca ne marche pas.

Didier Bourdon, le pauvre, il  s’essaye à quelques grimaces caricaturales, rien ne fonctionne. Lui non plus n’est pas mauvais comédien, mais là il s’est attaqué à un rôle qui est trop pour lui. Qui plus est, il se sent obligé pour jouer le travesti de prendre une voix perchée absolument ridicule. Il ne m’a jamais fait rire. Michel Serrault était juste, il n’essayait pas d’imiter un travesti, il était Zaza, tout simplement. Pauvre scène de la biscotte réduite à sa plus simple expression, qui récolte juste quelques sourire  car on se dit – Ah là voici la fameuse scène…et hop elle est déjà finie…

Je ne parle pas de la mise en scène, je n’en ai rien vu.

La scène du boucher, coupée !

Dans la distribution les seconds rôles ne s’en sortent pas mal à l’exception du rôle du fils. Thomas Sagols, une catastrophe. Je me demande comment il a obtenu le rôle ? On le dirait tout droit sorti d’une classe de première année d’un cours d’art dramatique. Bonne nouvelle pour tout ceux et celles qui zozotent et qui jusqu’ici pensaient qu’ils ne pouvaient pas jouer au théâtre, Thomas Sagols vous ouvre la voie. Le jeune Thomas n’a ni le physique ni le charisme nécessaire pour interpréter Laurent. Monsieur le metteur en scène pour que la scène de l’arrivée de « Laurent » fonctionne ce dernier doit être sexy ! Comment cela a pu vous échapper ? J’ai une tendre pensée pour Rémy Laurent qui était parfaitement le personnage dans le film et pour Philippe Lavot qui était irréprochable à la création. Edouard Collin eut été parfait !

On attend bien entendu le célèbre Jacob, interprété en 2010 par Thierry Laurion. Là aussi l’image de l’irremplaçable Bennie Luke nous hante. Il était Jacob puisque c’est lui qui a tout inventé. Mission impossible pour Thierry Laurion. Il dégage une belle énergie mais ça ne suffit pas, il n’est pas aidé.

Marie-Hélène Lentini et Christian Pereira dans les rôles de Mr et Mme Dieulafoi sont très biens, ils sont justes, ayons ici une pensée pour Marco Perrin qui tenait  le rôle à la création.

Daniel-Jean Colloredo, est très juste aussi en Tabaro. On sent qu’il s’amuse bien est nous partageons avec lui ces bons moments. Paul Demange était Tabaro à la création, quel comédien.

Manoëlle Gaillard a repris le rôle que tenait Jacqueline Mille, Simone. Elle est très bien, juste élégante et si belle femme.

Et pour terminer si n’y a qu’un comédien qui m’a fait rire, un seul qui pour moi est véritablement le personnage c’est Philippe Béglia dans le rôle de « Mercédès ». Monsieur Béglia est probablement le comédien qui est le plus proche de l’esprit « Poiret-Serrault » Il aurait peut-être été une bonne « Zaza ».

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Bref j’ai passé une soirée ordinaire et à 70 euros la place je le regrette.

Ah oui, j’oubliais, le final !

Les costumes sont beaux mais alors quelle banalité que de reprendre  « It’s raining men » !

Comment un producteur comme Jean-Claude Camus ne pense t’il pas à se faire écrire une musique originale ? Jean-Jacques Debout aurait certainement composé une chanson pétillante qui nous aurait fait oublier en 3 minutes les 2 heures de grisaille que nous venions de subir.

Et n’allez pas croire que c’est ce genre de théâtre qui ne me plait pas, j’ai passé une bien meilleure soirée avec Pierre Palmade et son « Comique » ou encore avec Amanda Lear dans  « Panique au Ministère » qu’avec  La Cage Aux Folles 2010, quelle tristesse...

Je préfère me souvenir...

 

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Commenter cet article

GINA 04/03/2016 17:46

Je n'aurai pas pu mieux décrire ma déception en ce qui concerne la version 2010, si bien que je n' ai même pas cherché à me procurer le DVD! Quelle dommage que la pièce originale n'ai été enregistrée entièrement! Selon SERRAULT, le producteur refusa car il craignait qu'en ayant vu la pièce à la télé, le public ne viendrait pas au théâtre, absurde , au contraire lune pub pour avoir envie de les voir en live!

Yoann 08/01/2011 22:00


Je suis tout à fait d'accord avec votre article ! C'est d'une fadaise déconcertante.
Il y a des monuments pour lesquels il faut avoir des reins suffisamment solides si on veut les revisiter. Et là, manifestement, ce n'est le cas ni de la mise en scène ni de la distribution.

Peut-être qu'en n'ayant pas vu la version "Poiret" on peut sourire quelques fois ?

Y.M.


florent 12/11/2010 21:27


Donc je vais me fier à ton avis car j'avais envie d'aller voir la piéce avec mon homme, donc je resterai bien sage au chaud chez moi devant le dvd