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Le garçon en talons hauts - 40

Publié le par Adrien Lacassaigne-Vivier

Je suis impeccablement bien installé à Bormes, ma maison perchée parmi les mimosas est toute mignonne, j’ai des amis charmants et quelques flirts magnifiques. Le succès sur scène est au rendez-vous, pourtant, quelque chose me dit que je ne suis pas vraiment fait pour vivre indéfiniment dans cette région. Je n’ai plus l’accent belge depuis longtemps mais je n’aurai jamais la voix qui chante, je le sais. Mon avenir, celui qui me pose problème, n’est pas ici.

Je doute au quotidien. J’ai envie de changement, encore une fois ! Envie de grandir, peut-être de faire autre chose, mais quoi ? Je suis persuadé de ne pas être à la bonne place.

Le garçon en talons hauts - 40

Vivre en play-back toutes les nuits me pèse de plus en plus. Je désirerais ne plus me servir de la sensibilité des autres pour faire passer mes émotions. Ne pas être obligé d’être dans une autre peau que la mienne. L’image me vient de cette robe en paillette que je porte tous les soirs. Elle brille de mille feux sous les éclairages du spectacle. Sous la robe il y a une doublure, et même si cette dernière est de satin, c’est elle qui absorbe la transpiration, qui se souille de fond de teint. C’est elle qui va s’user, puis se déchirer. Et je la remplacerai par une autre doublure, le public n’y verra que du feu. Mais sous la doublure, il y a moi, plus fragile encore que du satin, plus souillé, fatigué et usé. Lorsque je vais craquer on me remplacera aussi.

J’ai trente-cinq ans et la sensation de ne pas être un artiste, mais juste un usurpateur.
Je lis dans un magazine qu’il y a un casting qui se prépare à Nice. Un réalisateur recherche un comédien pour un rôle de travesti. C’est trop beau, ce rôle est pour moi pensai-je.

Il y a quelques années, j’ai passé des auditions de théâtre mais jamais de casting de cinéma. Je me dis que cela ne doit pas être très différent, je vais me lancer. C’est peut-être enfin l’occasion de quitter le milieu de la nuit et les cabarets. Je compose le numéro de téléphone indiqué au bas de l’annonce. On me demande d’envoyer un CV et une photo de moi « en femme ». J’improvise et griffonne le premier, les photos de moi en travesti ne manquent pas…Le tout partira sous 48h.

Quelques jours plus tard je reçois un coup de téléphone, ma candidature est retenue, je suis convoqué au casting. Le rendez-vous est fixé dans un grand hôtel de Nice.

Le réalisateur Philippe Agrati est son assistant m’y retrouvent. Charmant jeune homme passionné de cinéma, il me parle de son film avant de me proposer de faire quelques essais, texte à la main.

Il n’y a pas de maquillage, pas d’éclairage, pas de costumes en paillette et surtout pas de public. Il est 11h du matin, je suis complètement déboussolé. Je me lance sans conviction. Je ne suis pas certain de comprendre ce qu’il attend de moi. Je sens très bien que tout ce que je fais n’a aucun sens. Une petite voix intérieure me disait « c’est mauvais…très mauvais ». Le réalisateur ne montre aucun signe d’enthousiasme, mais pas de déception non plus. Nous nous quitterons quelques heures plus tard avec le traditionnel : « on vous rappelle » ! Le soir je serai sur la scène de Flamenco, pas très fier de moi. Je me dis qu’en dehors de mes play-back, je ne suis probablement pas bon pour grand-chose. Je vais noyer ma déception dans une bonne cuite au vin blanc dont j’ai le secret !

Philippe Agrati et Emilio Benedetti

Philippe Agrati et Emilio Benedetti

Comme prévu le réalisateur m’a rappelé.

-Ecoutez, vous n’êtes pas vraiment le personnage que je recherche, mais vous m’avez surpris. J’ai envie de travailler avec vous. Je vous propose le rôle de Chris !

A ma grande surprise, il m’avait choisi ! Je me suis dit qu’il ne devait pas y avoir beaucoup d’autres postulants.

Je vais tourner mon premier film en Mars, il s’appelle “Le beau Marc se met nu, Chris le tue !” tout un programme.

Nous avons passés une semaine dans les célèbres studios de la Victorine à Nice, ce fut une expérience étonnante.

Le scénario du film était singulier. L’histoire se passe dans une chambre d’hôpital psychiatrique. Il y a un infirmier, un patient et moi, une créature sortie de je ne sais où dans un tailleur vert pomme…

Philippe Agrati et moi sur le tournage.

Philippe Agrati et moi sur le tournage.

Je tourne entre autre une scène effrayante où j’introduis les lames d’un couteau électrique de cuisine dans la bouche d’un garçon avant d’appuyer sur le bouton « ON »! J’ai retrouvé ce partenaire il y a peu sur Facebook. Emilio Benedetti est un homme magnifique, devenu un grand maquilleur parisien.

Emilio juste après la scène du couteau de cuisine !

Emilio juste après la scène du couteau de cuisine !

Ni lui, ni moi n’avons été nommé aux Césars du cinéma français! Le film n’aura pas le succès escompté par le réalisateur. Il me reste la casette vidéo.

Je ne deviendrai pas une vedette de cinéma cette année. Je retourne à mes jupons et reprends le chemin du “Flamenco”.

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Le garçon en talons hauts - 39

Publié le par Adrien Lacassaigne

Après le suicide de mon père, les gendarmes avaient saisi le fusil avec lequel il avait mis fin à ses jours. Une fois l’enquête terminée, ils avaient laissé quelques mots sur le répondeur téléphonique de la maison disant que l’on pouvait venir récupérer les affaires de Monsieur René Lacassaigne. C’est moi qui ai trouvé le message, je n’ai rien dit à la famille, j’y suis allé. Dans le plus grand secret, depuis ce jour-là, le fusil de papa ne me quittait plus. Une idée probablement absurde, bien entendu.

Comble de l’horreur, j’avais aussi gardé de mon père, la chemise tachée de son sang, et un peu de ses cendres. Le tout précieusement rangé dans un sac qui ne me quittait presque jamais. Figurez-vous qu’un soir, près de Courchevel, je me suis garé sur le parking d’un supermarché, le temps d’y faire quelques courses, à peine quinze minutes. Lorsque je suis revenu, ma voiture avait été ouverte, mon sac avait été volé ! Là je me suis dit, OK les souvenirs de papa, ça suffit, basta, on tourne la page !

Je me suis donc débarrassé du fusil, comme me l’avait demandé la dite « Monette ».

Après tous ces signes, vous devez imaginer que je suis absolument convaincu de l’existence d’un dialogue entre le monde des défunts et celui des vivants. Je devrais croire en « quelque chose »… Eh bien pas vraiment.

Quand ces phénomènes me sont arrivés, j’y ai cru dur comme fer, sans réfléchir. Mais aujourd’hui ?

Il me semble que durant les années où j’étais artiste transformiste, j’étais beaucoup plus à l’écoute de ces pratiques spirituelles. Peut-être avais-je à ce moment-là une sensibilité plus délicate et plus intuitive. Aujourd’hui, ces perceptions m’ont abandonné.

Le garçon en talons hauts - 39

J’ai pourtant eu le plaisir de croiser la route de Patricia Darré, une collègue de France Bleu, connue internationalement pour ses dons de médium. Elle dit avoir été en relation avec des personnages historiques comme Napoléon Bonaparte ou Jeanne d'Arc. Des célébrités comme Bernard Werber, Mireille Darc où Sheila vous en diront le plus grand bien. Elle est l’auteur de : Un souffle vers l'éternité, Les lumières de l'invisible où encore L'Invisible et la science aux éditions Michel Lafon. Patricia n’est ni une sorcière, ni une folle. J’ai passé du temps à ses côtés, croyez moi, elle est brillante, drôle et totalement équilibrée. Ma rencontre avec cette spécialiste du genre aurait du me conforter dans l’idée d’un dialogue possible avec nos défunts. Mais malgré cela je n’arrive plus à y croire.

Je me dis aussi, pourquoi elle et pas nous ? Pourquoi certains auraient-ils ce don de dialogue avec les défunts et pas nous simple mortel ? Et, si dialogue il y a avec là haut, pourquoi toutes cette misère sur la terre ? N’y a-t-il pas un Ghandi, Luther King où Mandela pour nous guider ? Qu’attendent-ils pour discuter avec les médiums et nous orienter vers un monde meilleur ?

A vrais dire, je suis un peu comme Saint Thomas. Je n’ai jamais cru en un dieu, je n’ai pas la foi… Je ne crois pas en toutes ces choses comme le Reiki, le Shiatsu, le Feng-Shui…Toutes ces pratiques qui se monnaient auprès de pratiquants mystiques sensés nous soulager des maux contemporains de notre société à la dérive.

Papa est venu me dire au revoir dans mon sommeil. Monette s’est exprimée à travers la main de Claire, soit.

Je n’ai pas d’explications à ces événements que j’ai vécus, ces choses me dépassent.

Mon intime conviction aujourd’hui est qu’il n’y a probablement rien après la mort. Pas de paradis, pas d’enfer, pas de retrouvailles et c’est peut-être pas plus mal.

Je m’efforce simplement de mon vivant, à être un homme meilleur jour après jour.

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Le garçon en talons hauts - 38

Publié le par Adrien Lacassaigne

J’étais installé depuis quelques mois dans le village lorsqu’une jeune femme, en passant par l’intermédiaire de mon amie Chantal, a demandé à me rencontrer.

-Ecoute, me dit Chantal, elle veut juste te parler quelques instants, dis-moi quand je peux te la présenter.

-Chantal, je connais ces filles qui viennent me voir en spectacle. Elles s’amourachent des personnages que j’interprète et elles s’imaginent tomber amoureuse…

-Non ce n’est pas cela, elle sait que tu préfères les garçons.

-Mais souvent ce genre de filles s’imagine que leur amour sera plus fort et qu’elles me feront changer, que jusqu’à présent je n’ai pas rencontré la fille qu’il me fallait…

-Fais-moi confiance, elle n’est pas comme les autres. Elle a un truc à te dire, c’est important.

-Eh bien qu’elle vienne un soir au Flamenco et nous prendrons un verre après le spectacle.

-Non, elle doit te rencontrer en privé.

-Chantal, arrête tu me fous la trouille là. C’est quoi ce plan ?

-Bon écoute, ici tout le monde la connait. Elle est « spéciale ».

-Quoi spéciale, cela devrait me rassurer ?

-Elle fait de l’écriture automatique !

-Qu’est-ce que c’est que ce truc ?

-Elle est médium si tu préfères, elle communique avec les défunts !

Je ne suis pas porté sur ces choses-là, mais Chantal fut suffisamment convaincante, j’ai accepté de rencontrer Claire.
C’était un après-midi, elle est arrivée vers 15 heures. Je m’attendais à me retrouver face à une sorcière mystique. Je fus déstabilisé par la fraîcheur et la jeunesse de cette jeune femme. Je n’étais pas très à l’aise il faut bien le dire. Elle m’a expliqué qu’elle avait un don. Qu’elle ne l’avait pas souhaité, que cela lui était tombé dessus quand elle était petite. Elle avait eu des flashs et un jour sa main s’est mise à écrire des choses qu’elle ne contrôlait pas ! Elle m’a aussi rassuré cela ne me couterait pas un centime, elle ne monnayait pas ses services.

-Je devais vous rencontrer car « on » me l’a demandé.

Me dit-elle.

-Mais qui vous a demandé cela ?

J’avais beau être plus que septique ma curiosité était piquée au vif. C’est qui « on » ?

-Je ne sais pas, nous verrons bien.

Après avoir bu un café, Claire a sorti un bloc de papier de son sac. Elle a pris un stylo et m’a dit qu’elle allait se concentrer pour recevoir mon message.

-Ne soyez pas surpris de ce que vous allez voir. Ma main ne va pas quitter la feuille, les lettres et les mots seront tous collés. Ma main est en quelque sorte à la disposition de celui qui veut communiquer avec vous, moi je ne contrôle rien.

Je me suis tu et nous avons attendu.

Il ne s’est pas passé cinq minutes avant que la main de Claire se mette à écrire. Quand je dis « écrire » j’exagère, je devrais plutôt dire « griffonner ».

C’était vraiment très impressionnant, j’ai même ressenti comme un frisson qui me parcourait le corps. Mais que disaient ces mots, quel était le message ?

Claire a ouvert les yeux et s’est mise à vouloir déchiffrer son texte. On aurait dit un gribouillage d’un enfant qui a de sérieux problèmes.

-C’est votre écriture, lui demandais-je ?

Pour me répondre elle prit une autre feuille et écrit d’une plume impeccable « Non, ceci est mon écriture ! »

Elle s’est penchée sur la feuille et manifestement elle avait beaucoup de mal à déchiffrer le message.

-On dirait que tous les mots ne sont pas en français, où alors peut-être en vieux français. Regardez.

Me dit-elle

Moi je n’ai pas été long à deviner.

-C’est du wallon !

-Du quoi ?

-Le wallon, c’est un dialecte belge. Chez moi, à Charleroi on parle le wallon.

C’est donc moi qui ai déchiffré le message. Il se résumait ainsi : il faut que je me débarrasse tout de suite de ce que j’ai dans la penderie de ma chambre !

-Drôle de message !

Me dit Claire. Je devinais la déception dans sa voix.

-Tout cela pour vous demander de renouveler votre garde-robe ! Ils prennent soin de votre look là-haut !

Contrairement à elle, ce message m’avait bouleversé et j’avais apparemment du mal à le cacher.

-Ca va ? Vous savez il y a pire comme message, parfois, j’ai du annoncer des choses beaucoup plus graves.

-Mais qui vous a dit cela pour moi ?

-Je ne sais pas mais nous pouvons essayer de demander.

Claire repris le stylo, reposa sa main sur la feuille et se mit de nouveau à la disposition du messager. La réponse fut presque immédiate : « Monette » !

Monette

Monette

-Vous connaissez, une « Monette » ?

-Non cela ne me dit rien.

-Ce n’est pas très important, cette Monette est peut-être tout simplement une personne qui vous veut du bien.

-Et vous croyez que l’on a autre chose à me dire ?

-Je ne sais pas, je vais voir…

Elle reprit le stylo. Mais là rien, plus rien.

-Non, je crois que l’on a plus rien à vous dire, c’est fini. Je suis désolée d’avoir insisté ainsi pour vous rencontrer, je pensais que le message serait plus important que cela. La dernière fois que j’ai pratiqué l’écriture c’était pour empêcher un pyromane de mettre le feu à la montagne !

-Je comprends, mais vous savez pour moi ce que vous venez de me dire est très important.

-Vraiment ?

J’ai deviné évidemment qu’elle se moquait de moi.

-Bon, je vais vous laisser. Au fait, bravo pour vos spectacles, j’aime beaucoup ce que vous faites.

-Merci, c’est gentil

-Eh bien, il ne vous reste plus qu’à faire les boutiques pour remplir votre placard de nouvelles tenues!

Claire m’embrassa et me laissa.

J’étais véritablement bouleversé par ce qu’elle venait de me dire. Je me demandais qui était cette Monette ? Je pris la décision d’appeler ma mère en Belgique. Maman est assez portée sur la chose, je n’aurais aucun mal à lui raconter ce que je venais de vivre.

-Maman, je viens de croiser une médium qui m’a parlé d’une Monette, tu connais ce prénom ?

Ma mère a hésité avant de me répondre.

-Tu as dis « Monette » ?

-Oui c’est cela, mais on ne connait personne de ce nom-là dans la famille.

-Si.

Me dit ma mère.

-Mais qui ?

-Ma maman ! Je ne l’ai pas connue, tu le sais elle est morte en me mettant au monde, mais je sais que tout le monde l’appelait « Monette »

-Merde alors !

-Et que t’as dit cette femme médium à propos de Monette ?

-Rien de spécial, juste que tout allait bien…

Je ne voulais pas parler de ce que contenait le message à ma mère.

-Eh bien quelle émotion, cela faisait si longtemps que je n’avais pas entendu ce petit nom de « Monette »

-Il faut que je te laisse, maman. J’ai une répétition dans peu de temps, je t’embrasse.

Cela faisait beaucoup de bouleversements en si peu de temps !

Je suis allé dans ma chambre en pensant très fort à Monette ma grand-mère. J’avais vu quelques photos d’elle, elle était très jolie. Petit garçon, je me souviens de ce portrait d’elle avec son mari et sa fille ainée, ma tante Olga. Elle avait l’air d’une Reine. Pourquoi elle ?

Ma grand-mère "Monette" avec mon grand-père et ma tante Olga.

Ma grand-mère "Monette" avec mon grand-père et ma tante Olga.

J’ai ouvert ma penderie, j’ai poussé les vêtements pour atteindre le fond. J’étais le seul à savoir ce qui s’y cachait.

J’ai empoigné la crosse du fusil de mon père, celui-là même qui lui avait ôté la vie.

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Le garçon en talons hauts - 37

Publié le par Adrien Lacassaigne

Fin de l’hiver à Courchevel, Jacky Alibert me propose une seconde saison au Lavandou. Ca se passe très simplement : il me dit :

- tu t’es plus avec nous l’an dernier ? Tu as envie de revenir ?

-Oui, bien entendu.

Pas de contrat à signer, rien, juste une parole. C’était comme cela à l’époque avec ces gens-là.

Mai 1990, une nouvelle saison d’été se prépare au Lavandou avec quelques nouveaux venus. Bien qu’ayant apprécié l’expérience de la vie façon « Auberge Espagnole », je suis profondément un solitaire. J’ai envie d’un petit « chez moi » et quitter la villa réservée aux artistes. Ce n’est pas un caprice, enfin je ne crois pas. Mon amie Chantal de Bormes-les-Mimosas va me trouver une magnifique petite maison dans le village, montée Charles Cazin, un petit nid parfait.

Ma petite maison, montée Charles Cazin.

Ma petite maison, montée Charles Cazin.

Cette année encore « Le Flamenco » va multiplier les succès. Durant les six mois de contrat, tous les soirs, le spectacle se termine par mon numéro : “Je ne suis qu’une chanson” ! Elle m’en a fait gagner des sous « La Ginette » !

Jacky Alibert décide de quelques changements très importants. A la surprise générale, Agath qui présentait le spectacle depuis vingt ans, ne fera pas partie de la distribution cette année. C’est à moi qu’il va confier l’animation du spectacle en direct tous les soirs. La responsabilité est grande, Agath était un personnage incontournable du Flamenco, irremplaçable diront certain ! Il va falloir m’imposer face à ce public qui depuis tant d’années venait entre autre pour lui et ses extravagances. J’ai pu compter sur mes collègues, cette saison encore nous allons créer de nouveaux tableaux. Surprendre, épater et gagner.

Au Flamenco, Agath dans la salle et moi au micro. J'ai connu plus simple...

Au Flamenco, Agath dans la salle et moi au micro. J'ai connu plus simple...

Ma vie dans le midi de la France est en opposition totale avec mes racines houillères mais je me suis acclimaté.

Par exemple, à Charleroi, en Février lorsque le mimosa arrivait sur les étalages des fleuristes du marché de la ville haute, c’était un événement. On ne savait quoi inventer pour que ces petites perles jaunes durent le plus longtemps possible. Certain disaient, il faut le mettre dans de l’eau chaude ! D’autres prétendaient qu’il ne fallait pas mettre d’eau du tout dans le vase… et je ne sais quelle autre recette de bonnes femmes.

Maintenant que j’habite à Bormes j’ai un jardin rempli de ces arbres à la fragrance si particulière, la question de la conservation ne se pose plus. Je regarde mes arbres fleuris avec l’œil émerveillé d’une enfance retrouvée.

Les plages du Var, hors saison sont féeriques. J’aimais faire de longues balades solitaires en décembre là où en juillet et en août les touristes se disputaient le plus petit mètre carré. Apprécier la couleur exceptionnelle de Saint-Tropez fin Janvier, c’est ça le vrai luxe.

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