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Le Garçon aux talons hauts - 20

Publié le par Adrien Lacassaigne

En tournée, tous les artistes vous le diront, on passe sans transition d’un extrême à l’autre. C’est une formidable école ! Ce début 1988, ne va pas déroger à la règle. « Les Hirondelles » sont de retour en France, précisément à Toulouse. Après la grande piste du cirque d’hiver de Budapest, nous nous retrouvons sur la toute petite scène, de « La Mendigote » et du « Grand Méchant Loup ». Cet établissement situé Place Arnaud Bernard, est à la fois une discothèque et un restaurant spectacle. Un endroit formidablement attachant dirigé par Jean-Marc, un jeune musicien.

Dans un même temps, le cirque “AMAR” s’est installé non loin de là. Très vite, certains de ses artistes ayant entendu parler de notre spectacle sont venus nous voir. Jacky, un des membres de l’illustre famille Gruss a été le premier à venir vers nous. Bien que son papa Philippe et sa maman Mireille présentent un numéro de chevaux (comme il se doit dans cette famille), il avait lui choisi la magie, ce qui a du aider à notre rapprochement. Après trois soirs, nous avions l’impression de nous connaitre depuis toujours. Un peu comme si nous aussi, « Les Hirondelles » faisions partie d’une grande dynastie du cirque ! Cela confirmait ce que je pensais depuis mon retour de Budapest, les circassiens sont épatants.

Jacky Gruss

Jacky Gruss

Cette année-là, le spectacle du Cirque Amar était présenté par un tout jeune et séduisant Monsieur Loyal, Patrice Roche. Lui aussi allait souvent venir nous retrouver le soir. Nous en avons passé des nuits blanches tous ensemble. Patrice était si beau qu’il nous a même un peu tourné la tête. Je dis « nous » non pas pour me là jouer « Delon » mais simplement parce qu’il plaisait à tous les membres de la troupe, c’était un charmeur. C’est évidemment encore Philippe qui a eu la chance de passer un peu plus de temps avec lui. Plus les soirs passaient plus ils étaient nombreux à venir nous applaudir.

Patrice Roche.

Patrice Roche.

Jacky Gruss avait même réussi à convaincre ses parents Mireille et Philippe de venir assister à notre spectacle. Les après-midi, c’est nous qui étions conviés à leurs représentations. Magda et Litho un couple de danseurs argentins nous invitaient à prendre le café dans leur caravane. Nous avions de longues conversations sur « le spectacle » en général, j’adorais ça. Ce qui était formidable c’était la façon dont ces gens nous avaient acceptés à leurs côtés. Que cela soit les Bouglione, les Gruss et tous les autres, ils nous considéraient comme des artistes à part entière. Je veux dire par là que le genre « transformiste » en règle générale n’était jamais pris au sérieux par les professionnels du spectacle. Les travestis c’est le trou du cul du show business, entendait-on souvent. Juste après, il y à la rue, le tapin ! Nous avions l’habitude de ces réflexions. Non, eux ils nous ouvraient les bras, nous accueillaient au sein de leur famille du spectacle et du voyage. Ils ne faisaient aucune différence entre le travail d’un dompteur, d’un acrobate, d’un clown et le notre. Ils m’ont donné une formidable leçon de vie, d’humilité et d’espoir.

Philippe, Maxine et moi sur la scène de "La Mendigotte" de Toulouse.

Philippe, Maxine et moi sur la scène de "La Mendigotte" de Toulouse.

J’ai retrouvé Jacky et Mireille Gruss sa maman en Touraine bien des années plus tard. Ils étaient toujours aussi charmants.

En 2009, Litho le danseur argentin est passé à Tours, nous sommes tombés dans les bras l’un de l’autre. J’étais un peu fier je l’avoue lorsque je l’entendais dire à ses nouveaux partenaires que « Les Hirondelles » était la meilleure troupe de transformistes qu’il ait jamais rencontrés.

J’ai aussi retrouvé Sandrine et Thierry Bouglione grâce à internet.

Patrice Roche quand à lui est toujours aussi charmant en 2014 sur la photo de son profil Facebook.

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Le garçon en talons hauts - 19

Publié le par Adrien Lacassaigne

Les mois d’Octobre et Novembre 1987 en Hongrie resteront pour moi les temps forts de cette tournée de transformistes. Tout avait commencé à Montélimar, nous nous produisions dans une discothèque dont le nom m’a échappé. Mr Andrieu, un célèbre imprésario dans le milieu du music-hall parisien étais venu nous voir, je ne sais sur quelle recommandation. Il a aimé le spectacle. A l’issue de ce dernier, il est immédiatement venu à notre rencontre en coulisses. Il avait besoin de transformistes pour une grande revue appelée “Bonsoir Paris” qui représenterait la France en Hongrie. A ces mots : « représenter La France » tous mes sens étaient déjà en éveil. Mes partenaires étaient plus réservés, moi j’étais déjà à Budapest !

Le garçon en talons hauts - 19

Comme je vous l’ai dit, j’avais monté un numéro de magie, “La malle des Indes”. Et comme je l’avais espéré, ce numéro nous distinguait des autres troupes. C’est lui qui nous a ouvert les portes de « l’international ».

Le garçon en talons hauts - 19

Monsieur Andrieux voulait aussi un numéro comique parodiant une vedette de la chanson française connue dans le monde entier. Nous avons choisi comme tête de turc, Mireille Mathieu. J’avais imaginé trois « Mireille » habillées de bleu, blanc, rouge dont l’une serait en patin à roulettes. Rien de bien imaginatif, je le reconnais volontiers.

Le garçon en talons hauts - 19

Il était aussi dit que Maxine ferait son numéro de charme sur la chanson de “Cabaret”. Histoire d’en mettre plein la vue aux Hongrois qui, c’est certain n’en reviendraient pas de voir cette femme magnifique n’être en réalité qu’un homme.

Le garçon en talons hauts - 19

L’impresario semblait être à deux doigts de nous signer le contrat, le suspens était à son comble quand il nous demanda :

-L’un d’entre vous imite Edith Piaf ?
Consternation dans la loge et surprise quand, sûr de moi je réponds :

-Oui moi bien sûr !!!

Je ne doute de rien, mes partenaires sont consternés.

-Alors ok le contrat est signé.

Dit-il.

Si vous aviez vu la tête que faisait Pinky, Maxine et Philippe lorsque j’ai répondu oui ! Bien entendu, il ne m’était jamais venu à l’idée d’imiter Edith Piaf, ça ne faisait pas partie de mon répertoire, je n’avais assurément pas la tête de l’emploi. Il me restait deux mois pour y arriver. Je n’étais pas vraiment inquiet ou alors totalement inconscient. Je pensais, un cirque c’est grand, le premier spectateur sera au moins à dix mètres de moi, si je ne ressemble pas vraiment à Edith, ce n’est pas si grave. De toute façon le contrat est signé ! Sur un coup d’audace comme souvent dans ce métier, certes, mais il est signé.

L’un des membres de la troupe, Pinky, effrayé par cet épisode préfère ne pas nous suivre, il quitte “Les Hirondelles” pour entamer une carrière en soliste. Je suis profondément attristé par son départ mais l’excitation du moment prendra le dessus sur l’émotion de l’envol de Pinky vers d’autres aventures.

Nous avons pourtant failli ne pas partir en Hongrie. Non pas que le spectacle ne soit pas prêt mais c’est à ce moment là que Philippe a pris la décision de rompre avec moi.
Nous venions de terminer un moi de contrat dans la cité du nougat. Nous allions rentrer à Charleroi en Belgique pour préparer le spectacle destiné à la Hongrie. Le dernier soir, nous avons comme toujours chargé le camion avec les costumes et les décors et au moment de prendre la route Philippe me dit :

-Je ne rentre pas avec toi !

Le ciel m’est tombé sur la tête. Je n’aurais jamais imaginé que ce moment arrive un jour. Depuis notre rencontre en février 1978, ma famille avait totalement adopté Philippe. Malheureusement presque dix ans ont passé et à mes yeux aussi il était devenu un membre de la famille, plus qu’un amant. Sauf qu’apparemment lui ne voyait pas les choses ainsi. Il avait besoin d’amour charnel que je ne lui apportais plus depuis longtemps. Je me disais toujours, il a des aventures soit, mais il ne me quittera pas, il est de ma famille. J’avais évidemment tort. Il avait récemment rencontré à Aix en Provence un jeune et joli garçon. A notre dernier soir de contrat à Montélimar, Philippe avait décidé d’aller le rejoindre pour passer quelques jours avec lui avant d’entamer nos répétitions pour le cirque d’hiver de Budapest. Comble du hasard, le jeune homme s’appelle lui aussi Bernard. (À cette époque je n’avais pas encore changé de prénom, c’était aussi le mien !) Je suis comme anesthésié ! Maxime ne conduisait pas, il n’avait pas le permis. J’ai donc fait la route tout seul, Montélimar / Charleroi comme hypnotisé par ce que je venais d’apprendre.

Philippe me quitte ! Maxime me dit :

-Tu devais bien te douter que cela arriverait un jour. Vous vous disputez souvent, vous n’êtes plus un couple depuis longtemps !
Et moi de répondre :

-Oui mais il me quitte tu te rends compte ? Qu’est ce que je vais devenir ?

Maxime qui avait la tête sur les épaules me dit :

-C’est peut-être mieux comme ça, non ?

Moi, de lui répondre :

-Pourquoi tu dis ça ?

Maxine :

-Vous vous rendez malheureux, tous les deux. Vous auriez du rompre il y a longtemps. Vous vous aimez comme des frères plus comme des amants du coup ni l’un ni l’autre ne veut faire de peine à l’autre. Vous vous mentez, vous vous trompez, vous entretenez une fausse relation.

Max avait raison, car même le jeune Bernard que Philippe partait rejoindre à Aix-en-Provence était passé dans mon lit !

Une fois rentré à Charleroi, il a fallu apprendre la nouvelle aux miens. Ils avaient tous désignés Philippe comme le troisième fils de la famille, ce fut un choc pour eux. Même mon grand-père Maurice ce vieux bourru me disait à chaque fois qu’il me voyait :

-Où est Philippe ?

A l’heure où tant de jeunes ont du mal à faire accepter leur homosexualité à leur famille, moi j’avais du mal à leur faire accepter ma séparation !

J’ai un temps envisagé de rompre le contrat pour Budapest, heureusement que Maxine était là pour me raisonner. Maxine a aussi réussi à convaincre Philippe de nous suivre et il est donc venu nous rejoindre deux semaines avant le départ pour la Hongrie. Nos rapports étaient tendus, je le sentais hésitant. Son jeune amoureux lui envoyait de nombreuses lettres enflammées, (il n’y avait pas de téléphone portable à l’époque) cela m’inquiétait. Nous logions à Charleroi dans l’immeuble de mon père, j’avais donc demandé à papa de subtiliser les courriers. Dans un premier temps, il a refusé de se prêter au jeu. Je lui ai expliqué que le nouvel amoureux de Philippe lui demandait de ne pas partir en Hongrie avec nous (j’ai un peu exagéré). Notre avenir professionnel était à deux doigts de s’effondrer. Si Philippe ne partait pas avec nous, le contrat serait annulé. Papa a fini par accepter de me remettre les lettres. Vous vous demandez évidemment si je les ai lues. Il serait noble de vous répondre, non évidemment. En réalité je n’en ai aucun souvenir, j’en ai peut-être lue une où deux. Les ai-je rendues à Philippe par la suite ? Je ne sais plus.

Evidemment ça n’a pas été facile de continuer à travailler avec Philippe, mais je n’arrivais pas vraiment à lui en vouloir. L’important c’était qu’il soit là.

Nous voilà donc partis tous les trois pour Budapest par le train. Nous avons un compartiment avec quatre couchettes. Le voyage est long, mais il passe vite, nous sommes tout excités par ce qui nous attend. Pour faire passer le temps nous donnons un dernier coup aux nouveaux costumes de scène que nous avions confectionnés pour l’occasion. A cette époque, je pailletais encore mes tenues à la main, paillettes et perles, une à une… Arrivés à la gare de Budapest, un bus nous attendait pour nous conduire au cirque d’hivers.

Le garçon en talons hauts - 19

C’était un véhicule qui semblait d’un autre temps. Bien que n’ayant, à l’époque aucune conscience politique, c’est pour moi le premier choc avec le régime communiste de la Hongrie. Je pensais que ce genre d’autocar n’existait qu’au cinéma dans les films des années « 50 ».

Moi qui ne m’intéressais à rien d’autre qu’à mes spectacles, je pense que c’est la première fois que j’ai ouvert les yeux sur le monde dans lequel je vivais.

Au cirque, nous découvrons nos chambres qui sont situées à l’arrière du bâtiment. En réalité il s’agit de « chambre-loge » car la pièce est divisée en deux parties, la première réservée aux costumes de scène et aux tables de maquillage, la seconde à un espace chambre avec deux petits lits et une salle de bain. Maxime sera seul dans une chambre, Philippe par habitude sans doute, partagera la mienne. A peine les valises posées, le producteur vient me voir et me demande de me préparer pour mon numéro de “Piaf”. La télévision Hongroise souhaite filmer un extrait du spectacle en avant-première pour les infos télévisées du soir. Consternation, panique, effroi...

-Je vous attends dans 15 minutes sur la piste.

Me dit-il.

Je n’étais pas certain qu’après ma prestation, on ne nous remette pas subito presto dans le premier train pour Paris.

Le trac était tel que je me suis dit, je n’ai pas d’autres solutions que de gagner la partie. Soutenu par Maxine et Philippe je me suis mis à ma table de maquillage pour me dessiner le visage de la môme. La tension était palpable, nous ne parlions pas. A peine de temps en temps un :

-ça va aller ?

Oui, il le faut. Je dois être Edith Piaf !

Vingt minutes plus tard, me voilà prêt, je m’habille, la fameuse petite robe noire. Je sors de la loge pour rejoindre la piste, mes jambes tremblent un peu. Je suis le premier interprète que le personnel du cirque va voir en tenue. Les autres artistes de la troupe m’observent, épaté par le maquillage, ça me rassure un peu. Juste avant d’entrer dans la lumière, je me rends compte que quelque chose ne va pas, il me manque un truc autours du cou ! Ma chaine avec ma croix. Vite, il me faut remonter dans la loge mais c’est à ce moment que l’on me réclame sur la piste, je n’ai pas le temps d’y retourner.

Troublé, je me retourne, Maxine était derrière moi, mon bijou à la main ! Il avait remarqué l’accessoire indispensable à l’imitation d’Edith Piaf oublié sur ma table à maquillage et s’était empressé de me rejoindre. Il m’a mis la chaine autours du coup sans un mot mais avec tellement d’énergie que je lisais dans ses yeux. « Vas-y montre leur ce que tu sais faire ».

Le producteur et le réalisateur de télévision me demandent de me mettre en place. Je respire un grand coup, je me concentre et je me laisse aller. Un peu comme si je mettais mon corps et mon esprit à la disposition d’Edith Piaf pour qu’elle revienne un peu parmi nous. C’est fou et prétentieux, je sais mais c’est comme ça que j’ai fait, sans me poser de questions.

- Non, rien de rien, non je ne regrette rien, ni le bien qu'on m'a fais, ni le mal, tout ça m'est bien égal…

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A la fin de mon numéro, il y a eu un grand silence, quelques secondes qui ont duré des minutes pour moi. Et puis, toutes les personnes présentes autours de la piste se sont mises à applaudir. Ceux qui étaient assis se sont levés, les techniciens, le personnel du cirque, les autres artistes qui étaient venus assister à l’enregistrement de la séquence, tous. Je m’étais véritablement laissé habiter par le personnage de “Piaf”, et dès le premier jour, j’ai fait un joli succès et ça a marché tous les soirs.

Il se passera la même chose des années plus tard lorsque j’imiterai Jacques Brel. C’est un truc impossible à vous expliquer. D’ailleurs je dois bien vous l’avouer, je n’ai jamais véritablement travaillé ces personnages sur vidéo ou avec un metteur en scène. Je me suis juste laissé aller par mon instinct et même si physiquement ce n’était pas toujours très ressemblant, l’interprétation était au rendez-vous, comme protégé par eux. J’ai toujours été sauvé par cette magie !

Monsieur Andrieux, l’impresario est venu me féliciter et me dit :

-Vous n’aviez jamais imité Edith Piaf avant ce jour n’est ce pas ?

Moi, pas très rassuré :

-Pas vraiment…

Lui :

-C’est bien ce que je pensais, vous êtes un sacré personnage !

Mon numéro a fait sensation au journal télévisé du soir et la presse le lendemain ne parlait que de ça : « Edith Piaf est sur la scène du Cirque d’Hiver de Budapest » !

Le garçon en talons hauts - 19
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Durant ces deux mois en Hongrie, le rythme de travail était soutenu, deux représentations par jour, six jours sur sept. La revue était bien montée. De belles attractions internationales et une jolie compagnie de danseurs et danseuses. A l’intérieur du cirque, l’ambiance entre les artistes était chaleureuse et familiale.

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Parfois après le spectacle, il nous arrivait de dîner tous ensemble dans le foyer. L’atmosphère était décontractée. Autour de quelques mets improvisés, la meneuse de revue Elsa Manet et son accordéoniste chantaient et plaisantaient.

Les danseurs argentins jouaient aux échecs entourés de vingt girls plus charmantes les unes que les autres. Thierry et Sandrine Bouglione étaient du spectacle. Ils présentaient cette année-là un numéro de grande illusion agrémenté par la présence de leur tigre en liberté. Le soir à nos côtés, ils jouaient avec leurs bébés panthères, c’était incroyable.

Le garçon en talons hauts - 19
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Nous devions parfois préparer le repas entre deux représentations. Je devais cuisiner maquillé et en costume ! Maxine goûte la sauce...

Nous devions parfois préparer le repas entre deux représentations. Je devais cuisiner maquillé et en costume ! Maxine goûte la sauce...

J'ai d’ailleurs gardé très souvent ces félins dans ma chambre, réalisant ainsi mon rêve d’approcher de près des fauves. Thierry et Sandrine m’avaient expliqué que les artistes qui travaillent avec des félins les gardaient très souvent avec eux durant les premiers mois de leur vie. Sampion Bouglione, leur fils avait à peine un an. Avec l’enfant si petit, il était dangereux de garder les petites panthères dans leur chambre. Comme ma pièce était voisine de la leur, j’ai joué le baby sitter de panthères pendant le séjour, pour mon plus grand bonheur.

Non ce ne sont pas des chats, mais bien des panthères !

Non ce ne sont pas des chats, mais bien des panthères !

J’étais aux anges car j’ai toujours été fasciné et attiré par les félins. Thierry et Sandrine m’ont aussi permis de faire connaissance avec leur tigre, adulte cette fois.

Quelle émotion !

C’était une obligation car j’entrais en piste juste après eux. Dans le noir des coulisses, je croisais deux fois par jour de très près le tigre qui les accompagnait dans leur numéro. Il fallait que la bête s’habitue à mon odeur.

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Le petit Sampion Bouglione a fêté ses un an au cirque. Nous lui avons offert deux lions en peluche. Haut comme trois pommes il fixait ses animaux et leur donnait des ordres en les montrant sévèrement du doigt. Nous étions certains qu’il deviendrait dompteur comme papa. En réalité il s’est illustré avec énormément de talent dans un tout autre domaine, le jonglage et les claquettes.

Le garçon en talons hauts - 19Le garçon en talons hauts - 19

Nous avions très peu de temps pour jouer les touristes mais j’ai quand même visité un peu la ville, en taxi (ils roulaient comme des fous) ou en métro (quatre lignes).

La partie au-dessus du Danube est charmante, en revanche l’autre rive avait été plus touchée par les restrictions communistes au pouvoir depuis 1956. J’ai découvert leurs fameux grands établissements de cures thermales à l’architecture souvent rococo. Des endroits plein de surprises. Nous avons bien entendu dîné dans quelques restaurants au son des illustres violons tziganes. Lorsque toute la compagnie des artistes décidait de sortir, on réservait souvent tous le resto rien que pour nous. Les propriétaires étaient ravis de la recette ! Nous avions parfois un mal fou à commander une viande « saignante ». Le chef nous proposait de le rejoindre en cuisine pour lui monter comment cuire notre viande. Moi qui ne là mange que « bleue », je provoquais souvent l’incompréhension voire le dégoût des cuisiniers.

Le garçon en talons hauts - 19Le garçon en talons hauts - 19

J’étais très impressionné et passablement agacé par la présence constante de la police, et par la pauvreté évidente dans les rues. Je ne comprenais pas cette soumission d’un peuple à un système. Heureusement, ils s’en sont sortis.
Nous avions trouvé le seul endroit où les gays Hongrois se retrouvaient le soir dans la clandestinité. C’était un établissement du centre ville. Une pâtisserie durant la journée et qui la nuit tombée fermait ses tentures et devenait un bar pour garçons. C’était folklorique ! Nous y venions de temps en temps. Notre arrivée ne passait pas inaperçue, tant par nos tenues vestimentaires (Maxine et son renard gris jeté négligemment sur l’épaule par exemple) tant par notre facilité à offrir à boire à toute l’assistance. Quand nous franchissions le pas de la porte, une vieille farfelue au piano dans le fond de la salle se mettait à jouer des airs français en guise d’hymne de salutations aux vedettes du cirque. Nous avions eu nos photos dans tous les magazines locaux, ça aide ! Nous étions, il est vrai un peu grisés par cette popularité, mais nous avions quand même conscience de la disproportion indécente entre nos salaires et ce que les Hongrois gagnaient. J’étais gêné de cet état de faits, mais que faire si ce n’est jouer les princes aux grands cœurs et offrir des tournées générales ? Un soir, j’ai croisé une vieille dame qui vendait des fleurs dans la rue pour se faire quelques « forint ». A mon passage, elle m’interpelle et bien que ne parlant pas le Hongrois, je devine qu’elle me dit que ce bouquet ferait plaisir à une jolie fille… Un bouquet qui soit dit en passant avait certainement été cueilli à la sauvette dans un jardin municipal ! Je lui ai acheté le bouquet et juste après lui avoir donné son argent, je le lui ai offert en l’embrassant sur les deux joues.

Le garçon en talons hauts - 19
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De nombreux gays Hongrois avaient dépensé des fortunes pour venir revoir plusieurs fois notre spectacle. Je pense qu’ils aimaient notre travail mais qu’ils étaient surtout impressionnés par la façon d’affirmer notre différence au grand jour. Chose qui ne leur était pas permise.
Certains garçons essayaient de soudoyer les ouvreuses du cirque pour qu’elles nous fassent parvenir des petits mots nous fixant quelques rendez-vous ou quelques invitations. Nous en avons d’ailleurs accepté quelques unes, ne serait-ce que pour goûter le vrai goulash.

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Il n’y avait au sein de ce spectacle ni rivalité ni tension, c’était un vrai bonheur de travailler ainsi. Nous avions du succès, les autres artistes étaient formidables. J’avais la sensation que la troupe des Hirondelles avait franchi une nouvelle étape. Philippe était charmant avec moi, j’ai même cru à un moment que nous aurions retrouvé notre complicité perdue.

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C’est donc le cœur gros, après deux mois que nous avons repris le train pour Paris. Je venais de vivre une belle aventure. Humainement et professionnellement j’en sortirai grandi

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Presque trente ans plus tard, au moment où j’écris ces ligne et après avoir croisé pas mal d’artistes dans ma vie je fais un constat. Les comédiens sont souvent des charmants cabotins. Les acteurs se révèlent parfois capricieux. Les danseurs, souvent ne se sentent bien qu’entre eux. Les gens de télévision, trop suffisants, les musiciens, quelquefois particuliers. Les transformistes sont fréquemment impénétrables. Les gens de cirque sont authentiques. Ils sont « artistes » au sens majestueux du terme, ils sont mes préférés.

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Le garçon en talons hauts - 18

Publié le par Adrien Lacassaigne

Durant ces premières années de tournée, nous avons pleinement profité de la vie. Il était derrière nous, le temps des intrigues bruxelloises. J’étais beaucoup plus pondéré, et conscient surtout que notre succès était une réussite collective. Nous deviendrons l’une des troupes les plus demandées du marché des spectacles de transformistes pendant cinq ou six ans. Nous n’étions évidemment pas les seules, il y avait de très bons artistes. Je me souviens entre autres des « Opales », les « Doubles Faces », les « Aristocrates », les « Lord’s », les « Zigfield » et les « Incroyables » bien entendu. Toutes ces formations ont été au top à un moment ou à un autre. Il y avait du travail pour tout le monde et de ce fait très peu de rivalité. Nous étions très bien rémunérés, mais contrairement à Bruxelles, j’avais maintenant la sensation que nous ne faisions plus ce métier pour l’argent mais uniquement par passion.

Pinky, je me répète, était un excellent comique qui savait aussi émouvoir étonnement, comme tous les grands amuseurs. Maxine était « le » transformiste idéal, absolument parfait. Il avait autant de succès auprès des femmes que des hommes, ils en étaient fous. Lorsqu’il était sur scène, il avait la classe de Grâce Kelly, le corps de Cindy Crowford, et l’intelligence de Jodie Foster. Il savait tout faire à la perfection, faire rire, faire pleurer et séduire surtout.

Paradise était lui « le » garçon de la troupe. Il était très beau et de ce fait il est vite devenu la coqueluche des boites de nuit. Il avait ses groupies partout où nous passions. Cela me rendait même parfois un peu jaloux car il était encore mon compagnon « en titre ». Il en a brisé des cœurs.

Philippe & moi.

Philippe & moi.

Il me semblait pourtant qu’il manquait quelque chose pour que cette troupe soit vraiment au top. Un personnage étrange qui intriguerait le public avec un corps parfait et une voix mystérieuse, un transsexuel ! Réflexion faite, avec les facilités que j’ai à improviser le soir au micro avec le public, je me dis que si j’étais ce transsexuel je ferais un malheur ! Je suis tellement différent quand je suis en femme le soir, tellement à l’aise. Je me trouve séduisant en femme, alors qu’en homme pas du tout ! Je ne réfléchirai pas longtemps, je veux devenir ce personnage qui nous manque. Mes partenaires ne sont pas vraiment d’accord, mais je ne tiens absolument pas compte de leur avis. Je me fous pas mal des conséquences sur ma vie privée, je pense au spectacle et au succès de la troupe des Hirondelles.

En tournée "Les Hirondelles" profitent de la vie.
En tournée "Les Hirondelles" profitent de la vie.
En tournée "Les Hirondelles" profitent de la vie.

En tournée "Les Hirondelles" profitent de la vie.

Le hasard a voulu qu’à ce moment-là nous soyons de passage au Cap d’Agde. Deux créatures vont m’aider à réaliser ce délire. La première s’appelait Pascale. C’était un jeune travesti adorable qui après avoir été marin vivait de ses charmes et faisait un peu de spectacle.

Pascale & moi.
Pascale & moi.

Pascale & moi.

L’autre, avait un passé parisien relativement trouble. Elle se serait complètement transformée pour échapper à un destin ombrageux parait-il. Elle était un peu enrobée, très blonde, très impressionnante. Elle exhibait parfois les photos de toutes ses opérations, la métamorphose était spectaculaire. C’est elle qui m’a fait ma première piqûre de “Progynon”. Une hormone que l’on s’injecte pour faire pousser les seins. Cela fait d’elle ma “marraine”, elle me baptise Corinne ! Pourquoi ce prénom ? Elle me dit :

- Parce que quand tu travailleras au bois de Boulogne et que les flics arriveront, c’est un nom qui sonne bien, pour te prévenir les filles crieront : CORIIIIIINE !
Lorsque j’entends ce prénom aujourd’hui encore, je pense toujours à la carrière que j’aurai pu faire au bois !

Je commence donc à me transformer. Malgré ma peur viscérale des aiguilles, je me pique tous les quinze jours. Je me laisse pousser les cheveux, je m’épile partout, je prends “la pilule contraceptive” (il parait que ça accélère le processus). J’essaie de me glisser peu à peu dans la peau d’une femme. Mais très vite je constate que sans projecteur, sans robe à paillettes, sans l’illusion surnaturelle qui naît sur scène, le résultat est misérable. Je ne ressemble pas à une femme mais à une « chose étrange ».

Moi en 1986

Moi en 1986

Dans la rue on se retourne sur mon passage, je passe pour une folle excentrique. Au début je m’en moquais car quand on se pique aux hormones on est déjà dans un autre monde, mais bien vite je me suis rendu compte que quelque chose n’allait pas. Je ne savais plus qui j’étais. Les transformistes vous le savez maintenant sont des garçons qui travaillent habillés en femme et qui sortent parfois le soir dans leur tenue de combat, mais ce sont des garçons. Moi je ne voulais plus être un transformiste ! En réalité je n’étais plus rien.

Je n’étais pas non plus considéré comme une « hormonée ». Le terme est amusant, c’est comme cela que l’on appelait à l’époque des garçons qui avaient entamé la transformation. Ils avaient des seins, plus ou moins développés, mais toujours leur sexe d’homme. Elles ou ils comme vous voudrez, avaient souvent le rôle de strip-teaseuse dans le spectacle. Dans certains cabarets allemands, ils finissaient même souvent leur strip-tease, seins nus et la zigounette à l’air. C’était prévu dans le contrat. Un peu bête de foire, je trouve.

Et il y a celles qui sont passées par l’opération irrévocable, ces nouvelles femmes. Elles ont connu leurs heures de gloire au milieu des années cinquante, les grandes années du « Carrousel de Paris ». Le plus souvent, elles essaient de quitter le milieu du spectacle pour fondre leur féminité dans une société anonyme. Toutefois, certaines ont eu des carrières colorées. Il m’a été donné de rencontrer par exemple, la première d’entre-elles, la plus célèbre, Coccinelle. Une personne d’un humour décapant, d’une grande simplicité et d’une grande gentillesse. Une carrière hors du commun, des tournées dans le monde entier, l’Olympia en vedette, mariée en blanc à l’église de la Madeleine… Je ne vais pas vous raconter d’anecdote à son sujet, elle a écrit un livre que je vous conseille. Rien que son chapitre sur une certaine Péki d’Oslo, chanteuse et comédienne énigmatique vaut le détour.

Le livre de Coccinelle.
Le livre de Coccinelle.

Le livre de Coccinelle.

De cette époque, j’ai aussi rencontré « Kiki Moustic », elles avaient curieusement des noms d’insecte. Lorsque je l’ai croisée, elle s’était isolée du monde du spectacle et vivait une retraite paisible à Cannes. Lors du passage des « Hirondelles » dans la ville festivalière, elle avait entendu parler de nous et avait souhaité nous rencontrer. Elle n’est pas venue voir notre spectacle. Elle ne sortait plus jamais le soir. C’est par connaissance interposée, qu’elle nous a invités à déjeuner. Nous sommes arrivés tous les quatre au restaurant sans savoir véritablement avec qui nous avions rendez-vous. Quelle ne fut pas notre surprise de découvrir une personne d’un certain âge certes mais absolument admirable. Elle était très élégamment vêtue, chignon de cheveux gris, lunettes demi-lune pendant au bout d’une chaîne en or, elle avait une classe folle. Elle ressemblait à une femme médecin, magistrat, députée! Ses anecdotes étaient aussi croustillantes que celles de sa consœur Coccinelle. Elles avaient fait toutes deux les même tournées et rencontré les mêmes milliardaires.
Certaines histoires se contredisaient ce qui leur donnaient encore d’avantage de piment et de mystère. Kiki était une grande dame.

Ces deux-là doivent bien rigoler là-haut.

Kiki Moustic

Kiki Moustic

Il y avait aussi « Bambi » alias Marie-Pierre Pruvot qui a écrit le très joli livre « Marie, parce que c’est joli » où elle raconte son incroyable parcours, des scènes de Cabaret aux salles de classes où elle enseignait les lettres. Elle a même été décorée des palmes académiques. Je n’ai jamais vu Bambi sur scène ni même travaillé avec elle. C’est plus tard, alors qu’elle était l’invitée d’honneur d’un festival de cinéma à Tours que j’ai eu l’occasion de l’interviewer dans le cadre de mon travail à Radio France. En début d’entretien je lui ai discrètement glissé que j’étais issu du cabaret, elle a gentiment souri, cela nous a rapprochés immédiatement.

Quelle femme étonnante, Sébastien Lifshitz ne s’y est pas trompé, il lui a consacré un film sympathique qui a même été nommé aux Césars du cinéma Français.

Bambi.

Bambi.

J’ai aussi rencontré celle qui plus tard deviendra la reine des nuits du “Queen” à Paris, Galia. Il est évident que cette femme absolument divine ne doit pas se souvenir de moi. Elle a du en croiser du monde qui s’est ému sur son passage. Mais moi, modeste petit artiste de tournée, comment oublier un tel choc. Un soir j’étais assis à ses côtés à la table d’un grand restaurant de Courchevel. Nous étions avec d’autres dames.
Un enfant s’approche de l’une d’elle et lui dit :

-J’aime pas ton zizi !

Galia dit :

-On peut tromper pas mal de monde mais pas les enfants. C’est la raison pour laquelle quand je vois des bambins je leur donne de l’argent et ils me disent:

-Merci MADAME! Au revoir MADAME !

Si un jour, vous vous demandez comment allier humour, séduction et majesté, allez dont boire un verre « où vous savez » à Paris et observez Galia.

Galia.
Galia.

Galia.

Mais ne vous y trompez pas l’humour et la beauté ne vont pas toujours forcément de paire chez ces “demoiselles”. Il y a aussi de belles idiotes, j’ai la liste.

Revenons à ma transformation. Malgré mes traitements aux hormones qui ont duré plusieurs mois, je n’arrivais vraiment pas à me glisser dans la peau d’un transsexuel. Je me voulais femme pour le spectacle le soir, mais en journée je ne me sentais bien qu’en jeans, baskets et tee-shirt. Je n’avais pas envie de me pomponner. Cette métamorphose représentait trop de contraintes pour moi. Vivre vingt quatre heures sur vingt quatre dans la peau d’une femme m’était tout simplement impossible. A un moment j’ai craqué. Je me suis vu devenir une personne que je ne connaissais pas, qui ne répondait à aucun critère personnel, aucune réelle envie, même plus celle d’être un artiste original ! Un soir, je me suis disputé avec un transsexuel qui me dit de façon péremptoire:

-Nous sommes des femmes « chéri » !
Elle ne plaisantait pas ! J’ai été effrayé, je ne voulais pas devenir comme ça.

Je me suis trompé, j’avais de mauvaises raisons, ce n’était pas pour moi. Ou alors n’étais-je pas suffisamment fort et courageux que pour aller au bout de ma démarche.

Je n’avais pas informé ma famille de mon entreprise de transformation. Je ne les voyais pas souvent, ça m’arrangeait bien. Mais un jour ma mère décide de venir me rendre visite à Cannes. J’avais beau porter un pull très large la journée, elle finirait par voir le spectacle et par conséquent découvrir les petits seins qui m’étaient poussés. Que faire ?

Calage avant spectacle sur la scène de la Taverne du Puisatier. Des formes naissent sous le vêtement.

Calage avant spectacle sur la scène de la Taverne du Puisatier. Des formes naissent sous le vêtement.

Je vais la chercher à l’aéroport, les retrouvailles sont agréables, nous allons dîner dans un restaurant de la croisette et à l’apéritif elle me demande:

- Et alors tes hormones, tu continues ?

Comment avait-elle su ? J’étais sauvé je n’avais plus à lui en parler, que de répondre :

- Non, c’est terminé !

Une mère c’est incroyable.

Bon OK, je ne deviendrai pas transsexuel, mais je suis toujours obsédé par le succès des « Hirondelles ». Je me demande ce qui pourrait bien faire la différence entre nous et les autres. En 1987, c’est en visite à Monaco alors que nous assistions au festival international de magie que l’idée m’est venue. De la magie, mais bien sur, c’est évident!

Philippe, Maxine et moi à Monaco.

Philippe, Maxine et moi à Monaco.

Notre réputation est excellente mais artistiquement j’avais un peu peur de m’essouffler. La troupe doit prendre un nouveau tournant pensais-je.

Maxime, Philippe et Pinky cette fois adhèrent à ma nouvelle lubie. Il est probablement plus facile, se disent-ils de faire apparaître une colombe que de faire disparaître un petit oiseau !

Je fais rarement les choses à moitié, j’ai immédiatement acheté en Belgique du matériel de grande illusion. Il s’agissait de deux numéros de lévitation, et la célèbre “Malle des Indes”. A ma connaissance aucune troupe de transformistes ne présentait des numéros de ce genre. Voilà une façon de nous démarquer des autres spectacles et d’avancer.

Blanche neige, lévitation.
Blanche neige, lévitation.

Blanche neige, lévitation.

Au début de l’année 1987, mes préoccupations professionnelles ne sont pas les seules. Les tournées commencent à me peser. Toujours faire et défaire les malles. Ne pas avoir de réel chez soi, pour y entasser nos souvenirs, j’ai envies de stabilité. Je me dis qu’avec un beau numéro de magie, nous pourrions peut-être intégrer le spectacle d’un grand Music-hall. Je me voyais bien au Paradis Latin !

Philippe & moi, la malle des Indes.
Philippe & moi, la malle des Indes.
Philippe & moi, la malle des Indes.

Philippe & moi, la malle des Indes.

Je rêvais de me produire sur une grande scène, et ça tombe bien, nous allons signer un contrat d’attractions internationales.

Le garçon en talons hauts - 18
Maxine et moi, numéro de lévitation.

Maxine et moi, numéro de lévitation.

Le garçon en talons hauts - 18

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