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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 12:43

En 1994, on me propose de jouer dans deux pièces en un acte de Luigi Pirandello : Cédrats de Sicile et l’Etau si ma mémoire est bonne. C’est Christophe Donné, un jeune metteur en scène qui a cette idée. Ce n’est pas mon répertoire habituel, j’aurais dû refuser, mais le metteur en scène est très joli garçon, je me dis pourquoi pas… Je me lance dans l’aventure aux côtés de Sotira Dhima, Martine Delachaume et Geneviève Brasset.

Il fallait absolument jouer tout en sobriété, pas vraiment mon habitude ! J’étais comment dire… « désolant » dans cette interprétation.

C’est une de mes particularités, quand je suis mauvais, je le sais.

Malheureusement, je ne pouvais rien y faire, je n’arrivais pas à corriger mon jeu. De soir en soir, je me trouvais de plus en plus lamentable.

J’étais à cette époque « volontaire » de l’association « AIDE / Paris îles de France ». Quelle idée ai-je eu d’inviter Pierre Lascoumes qui en était le président d’assister à une représentation. Je trouvais cet homme admirable et brillant, je n’avais qu’une envie devenir son ami. Il était passionné de théâtre et voilà qu’il allait assister au massacre de l’œuvre d’un prix Nobel de littérature. J’ai cru mourir de honte quand j’ai su qu’il était dans la salle. Nous avons soupé tous les deux après le spectacle, il a eu la courtoisie de parler de toute autre chose, et cela ne nous a pas empêché de devenir des amis.

Pierre Lascoumes et moi.

Pierre Lascoumes et moi.

Au lendemain de la dernière représentation, je me suis rasé la tête histoire de tourner la page. Tondu !

J’ai beaucoup de mal à supporter l’échec, c’était un peu comme m’infliger une punition.

Christophe Donné, le metteur en scène doit avoir regretté longtemps de m’avoir choisi. Je n’étais vraiment pas à la hauteur de ses espoirs, mais il a eu la délicatesse de ne jamais m’en parler.

Je tire de nouveau un rapide constat. Je ne suis bon que dans l’excès, la démesure et la caricature.

Et s’il en était de même pour le théâtre que pour le cinéma ? Je suis probablement un mauvais comédien.

Si en réalité je n’avais de compétence que sur des hauts-talons ?

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Published by Adrien Lacassaigne-Vivier
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