Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 14:27

Depuis que je suis revenu à Paris, j’ai la sensation de vivre comme une fille de mauvaise vie qui postule sur un emploi de nurse dans une grande famille bourgeoise ! Au quotidien, je cache mon passé de transformiste à mon entourage. Comme si mon histoire d’antan représentait un danger. Allez savoir pourquoi ?

Comme tous les comédiens inconnus, je cours les castings à la recherche d’un petit rôle, voire d’un grand, on ne sait jamais! Au cinéma, mon premier tournage fut avec Nicole Garcia. Je n’étais que figurant mais j’avais trouvé le moyen d’attirer son attention et cela me permettait de passer des petits moments privilégiés avec elle dans sa loge.

Ensuite j’ai été engagé dans une série policière “Le Juge Rive”. Je joue le rôle d’un CRS qui se fait abattre à bout portant par des terroristes. La personne qui m’engage me précise qu’il y aura un peu de texte et une cascade. De quoi me paralyser ! Olivier, mon ami coiffeur me fait une fois encore la tête de l’emploi. J’ai bien le look « CRS », mais j’ai peur que des gestes ambigus me trahissent. Peur de n’être pas crédible et que le réalisateur se dise : -Qu’est ce que c’est que cette folle ?

Le jour du tournage, je suis dans le décor, assis à une table. Monsieur Julienne, le cascadeur, m’a installé le détonateur qui déclenche le coup de feu que je vais recevoir. Je suis prêt, concentré, mort de trac en attendant le mot “Action”.

C’est à cet instant que l’assistant du réalisateur fonce sur moi et me dit finement à l’oreille:

-Alors tu n’imites pas Mylène Farmer aujourd’hui ?

J'ai commencé à imiter Mylène Farmer en 1986.

J'ai commencé à imiter Mylène Farmer en 1986.

J’ai cru mourir de honte.

Qu’est-ce qui m’avait trahi ? Comment pouvait-il savoir ? Impossible de lui poser la question, la caméra tourne.

A la fin de la prise je suis immédiatement allé le voir.

-Pourquoi m’avez-vous parlé de Mylène Farmer tout à l’heure ?

-Parce que j’adore quand tu imites Mylène !

-Mais… Je ne comprends pas !

-Je n’étais pas certain, mais quand tu as fais des essais de micro tout à l’heure, j’ai reconnu ta voix !

-Comment ?

-Je viens tous les étés en vacances au Lavandou, et je passe mes soirées au Flamenco. J’adore cet endroit.

J’étais démasqué mais en même temps heureux d’avoir un allié dans ce monde qui m’était alors totalement étranger.

Et ce ne fut pas le seul complice...

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir parmi les autres « CRS » un « collègue transformiste » lui aussi en pleine reconversion. Le monde est petit !

Du coup, les jours suivants de tournage ont été beaucoup plus décontractés, voire franchement délirants. Je me souviens que pendant les pauses (et elles sont longues au cinéma) nous restions, mon nouveau copain et moi, tous les deux en uniformes. On s’éloignaient légèrement du lieu de tournage pour se raconter nos histoires de talons aiguilles.
Nous nous sommes très vite rendus compte de l’effet que pouvait avoir l’uniforme sur notre entourage, hors caméra ! Certains automobilistes nous regardaient inquiets, mais nous avions aussi noté que certains garçons nous considéraient ostensiblement pour d’autres raisons !

Nous restions impassibles, l’air patibulaire. Nous fixions ces petits insolents et sans un sourire, nous portions notre main à la hauteur de notre braguette pour nous tâter le paquet !

Si vous aviez vu leurs têtes ! Ils n’en revenaient pas de se faire entreprendre par deux « CRS ». A un moment, un responsable de la production s’étant rendu compte de notre petit manège, nous a demandé de rester dans le « camion-loge » pendant les pauses.

Mylène "Désenchantée" au Flamenco

Mylène "Désenchantée" au Flamenco

Partager cet article

Repost 0
Published by Adrien Lacassaigne
commenter cet article

commentaires

chantal 20/03/2016 20:05

excellent mais se n est pas nouveau j aime tous se que fait adrien