Le garçon en talons hauts - 39

Publié le par Adrien Lacassaigne

Après le suicide de mon père, les gendarmes avaient saisi le fusil avec lequel il avait mis fin à ses jours. Une fois l’enquête terminée, ils avaient laissé quelques mots sur le répondeur téléphonique de la maison disant que l’on pouvait venir récupérer les affaires de Monsieur René Lacassaigne. C’est moi qui ai trouvé le message, je n’ai rien dit à la famille, j’y suis allé. Dans le plus grand secret, depuis ce jour-là, le fusil de papa ne me quittait plus. Une idée probablement absurde, bien entendu.

Comble de l’horreur, j’avais aussi gardé de mon père, la chemise tachée de son sang, et un peu de ses cendres. Le tout précieusement rangé dans un sac qui ne me quittait presque jamais. Figurez-vous qu’un soir, près de Courchevel, je me suis garé sur le parking d’un supermarché, le temps d’y faire quelques courses, à peine quinze minutes. Lorsque je suis revenu, ma voiture avait été ouverte, mon sac avait été volé ! Là je me suis dit, OK les souvenirs de papa, ça suffit, basta, on tourne la page !

Je me suis donc débarrassé du fusil, comme me l’avait demandé la dite « Monette ».

Après tous ces signes, vous devez imaginer que je suis absolument convaincu de l’existence d’un dialogue entre le monde des défunts et celui des vivants. Je devrais croire en « quelque chose »… Eh bien pas vraiment.

Quand ces phénomènes me sont arrivés, j’y ai cru dur comme fer, sans réfléchir. Mais aujourd’hui ?

Il me semble que durant les années où j’étais artiste transformiste, j’étais beaucoup plus à l’écoute de ces pratiques spirituelles. Peut-être avais-je à ce moment-là une sensibilité plus délicate et plus intuitive. Aujourd’hui, ces perceptions m’ont abandonné.

Le garçon en talons hauts - 39

J’ai pourtant eu le plaisir de croiser la route de Patricia Darré, une collègue de France Bleu, connue internationalement pour ses dons de médium. Elle dit avoir été en relation avec des personnages historiques comme Napoléon Bonaparte ou Jeanne d'Arc. Des célébrités comme Bernard Werber, Mireille Darc où Sheila vous en diront le plus grand bien. Elle est l’auteur de : Un souffle vers l'éternité, Les lumières de l'invisible où encore L'Invisible et la science aux éditions Michel Lafon. Patricia n’est ni une sorcière, ni une folle. J’ai passé du temps à ses côtés, croyez moi, elle est brillante, drôle et totalement équilibrée. Ma rencontre avec cette spécialiste du genre aurait du me conforter dans l’idée d’un dialogue possible avec nos défunts. Mais malgré cela je n’arrive plus à y croire.

Je me dis aussi, pourquoi elle et pas nous ? Pourquoi certains auraient-ils ce don de dialogue avec les défunts et pas nous simple mortel ? Et, si dialogue il y a avec là haut, pourquoi toutes cette misère sur la terre ? N’y a-t-il pas un Ghandi, Luther King où Mandela pour nous guider ? Qu’attendent-ils pour discuter avec les médiums et nous orienter vers un monde meilleur ?

A vrais dire, je suis un peu comme Saint Thomas. Je n’ai jamais cru en un dieu, je n’ai pas la foi… Je ne crois pas en toutes ces choses comme le Reiki, le Shiatsu, le Feng-Shui…Toutes ces pratiques qui se monnaient auprès de pratiquants mystiques sensés nous soulager des maux contemporains de notre société à la dérive.

Papa est venu me dire au revoir dans mon sommeil. Monette s’est exprimée à travers la main de Claire, soit.

Je n’ai pas d’explications à ces événements que j’ai vécus, ces choses me dépassent.

Mon intime conviction aujourd’hui est qu’il n’y a probablement rien après la mort. Pas de paradis, pas d’enfer, pas de retrouvailles et c’est peut-être pas plus mal.

Je m’efforce simplement de mon vivant, à être un homme meilleur jour après jour.

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