Le garçon en talons hauts - 37

Publié le par Adrien Lacassaigne

Fin de l’hiver à Courchevel, Jacky Alibert me propose une seconde saison au Lavandou. Ca se passe très simplement : il me dit :

- tu t’es plus avec nous l’an dernier ? Tu as envie de revenir ?

-Oui, bien entendu.

Pas de contrat à signer, rien, juste une parole. C’était comme cela à l’époque avec ces gens-là.

Mai 1990, une nouvelle saison d’été se prépare au Lavandou avec quelques nouveaux venus. Bien qu’ayant apprécié l’expérience de la vie façon « Auberge Espagnole », je suis profondément un solitaire. J’ai envie d’un petit « chez moi » et quitter la villa réservée aux artistes. Ce n’est pas un caprice, enfin je ne crois pas. Mon amie Chantal de Bormes-les-Mimosas va me trouver une magnifique petite maison dans le village, montée Charles Cazin, un petit nid parfait.

Ma petite maison, montée Charles Cazin.

Ma petite maison, montée Charles Cazin.

Cette année encore « Le Flamenco » va multiplier les succès. Durant les six mois de contrat, tous les soirs, le spectacle se termine par mon numéro : “Je ne suis qu’une chanson” ! Elle m’en a fait gagner des sous « La Ginette » !

Jacky Alibert décide de quelques changements très importants. A la surprise générale, Agath qui présentait le spectacle depuis vingt ans, ne fera pas partie de la distribution cette année. C’est à moi qu’il va confier l’animation du spectacle en direct tous les soirs. La responsabilité est grande, Agath était un personnage incontournable du Flamenco, irremplaçable diront certain ! Il va falloir m’imposer face à ce public qui depuis tant d’années venait entre autre pour lui et ses extravagances. J’ai pu compter sur mes collègues, cette saison encore nous allons créer de nouveaux tableaux. Surprendre, épater et gagner.

Au Flamenco, Agath dans la salle et moi au micro. J'ai connu plus simple...

Au Flamenco, Agath dans la salle et moi au micro. J'ai connu plus simple...

Ma vie dans le midi de la France est en opposition totale avec mes racines houillères mais je me suis acclimaté.

Par exemple, à Charleroi, en Février lorsque le mimosa arrivait sur les étalages des fleuristes du marché de la ville haute, c’était un événement. On ne savait quoi inventer pour que ces petites perles jaunes durent le plus longtemps possible. Certain disaient, il faut le mettre dans de l’eau chaude ! D’autres prétendaient qu’il ne fallait pas mettre d’eau du tout dans le vase… et je ne sais quelle autre recette de bonnes femmes.

Maintenant que j’habite à Bormes j’ai un jardin rempli de ces arbres à la fragrance si particulière, la question de la conservation ne se pose plus. Je regarde mes arbres fleuris avec l’œil émerveillé d’une enfance retrouvée.

Les plages du Var, hors saison sont féeriques. J’aimais faire de longues balades solitaires en décembre là où en juillet et en août les touristes se disputaient le plus petit mètre carré. Apprécier la couleur exceptionnelle de Saint-Tropez fin Janvier, c’est ça le vrai luxe.

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