Le garçon en talons hauts - 17

Publié le par Adrien Lacassaigne

Le lendemain de mon dernier spectacle chez Flo, nous étions réunis dans mon appartement, avec tous mes costumes entassés ça et là. Que faire ?

Certains artistes avaient décidé de quitter également l’établissement, écœurés par la façon dont nous venions de vivre ces derniers mois. Il y avait mes complices des débuts, Philippe et Pinky, mais aussi Olivier qui avait fait le choix de rester à mes côtés. Catherine, notre éclairagiste en avait fait de même. Sophie, tombée amoureuse d’un joli restaurateur avait déjà quitté le groupe et ne faisait plus de spectacle.

Et si nous partions en tournée ?

Je ne sais plus qui a lancé l’idée. Je n’avais jamais travaillé en dehors de Charleroi et Bruxelles, cette pensée me séduit, m’excite même. Olivier est très emballé par le projet. Pinky décide d’être du voyage également. Deux des meilleurs artistes bruxellois m’accompagnent, tout me semble possible, mais comment faire pour entamer une tournée ?

Nous avons trouvé le numéro de téléphone d’un imprésario en France, monsieur Sissa. Nous l’avons appelé illico et après lui avoir expliqué ce que nous faisions, il nous a trouvé immédiatement un premier contrat. Il nous propose un mois dans une discothèque à côté d’Avignon. Il nous fallait orchestrer une prestation d’une heure environ. Ce n’était pas un problème pour nous qui avions tenu la scène tous les soirs depuis des années à Bruxelles. Nous allons créer un show qui offre une panoplie de nos diverses personnalités. C’est décidé nous partons en tournée, nous voilà animé d’un nouveau défi !

Nous avons quinze jours pour monter une ouverture de spectacle adaptée au voyage. Nous choisirons en ouverture, la musique de “Cabaret”, mais une version originale et peu connue, celle d’Harold Melvin & The Blue Notes. Nous présenterons ce tableau en costumes de clown blanc ! Ne me demandez pas pourquoi, je ne sais plus d’où est venue cette idée. Je nous revois chez moi coller des centaines de petits miroirs rouges et or sur les costumes blancs. Nos créations étaient artisanales !

Je vais choisir de garder le nom des “HIRONDELLES” comme empreinte de la troupe. En repensant aux artistes que j’avais découverts au Cap d’Agde il y a quelques années, je me disais qu’il fallait qu’on se trouve des noms de scène qui fassent “international” !

Pinky, Maxine et moi.

Pinky, Maxine et moi.

Pinky restera Pinky, mais Pinky Andersen.

Olivier deviendra Maxine de Villeneuve, et moi B’Verly (je me demande encore ce qui m’est passé par la tête pour choisir un pseudo aussi saugrenu).

Pour notre premier périple, Philippe mon compagnon, n’a pas souhaité faire partie du voyage, il nous rejoindra plus tard.

Pour notre première expédition, mes deux partenaires, Olivier et Pinky voyageaient par le train. Catherine, notre éclairagiste et moi dans une vieille 4L chargée de tous les costumes. Quel périple mes enfants !!!

Direction, la Provence.

Je prends un nouveau départ, dans tous les sens du terme. Evidemment, je ne le sais pas en 1986, mais aujourd’hui en écrivant cette histoire, je sais que c’est ici que s’est véritablement tournée une page. Il y en aura d’autres.

Nous voilà arrivé à Châteaurenard dans les bouches du Rhône. Nous n’avions pas l’habitude de travailler dans les boites de nuit. La première s’appelle “La Chimère” : par définition du “Larousse”: un poisson qui nage dans les eaux profondes. Nous, nous allions commencer à plonger dans les eaux troubles de la nuit.

Je me revois, à notre premier soir. Nous sommes installés à l’arrière de la discothèque dans cet immense hangar qui nous servait de loge. Nous étions un peu perdus. Je me suis demandé un instant, mais qu’avons-nous fait ? Qu’est ce que l’on fait là ?

Personne ne venait nous voir dans les loges, personne ne nous attendaient. Cela nous changeait des petites vedettes que nous étions à Bruxelles. Personnellement, je sentais qu’il n’était surtout plus question de me la jouer tyran, si je voulais que ça marche. Je savais qu’il fallait que cela soit un succès de troupe et non individuel. Je me sentais véritablement différent, comme libérer par ce départ. Nous avons débuté le soir du réveillon de Noël. A minuit, à Bruxelles, nous aurions été un verre de champagne à la main, ici nous étions seuls dans cet entrepôt loin de ceux que nous aimions. L’atmosphère dans la loge avant le spectacle était particulière, nous étions silencieux, inquiets, un peu désorientés. Aux douze coups de minuit nous avons fondu en larmes dans les bras l’un de l’autre, sans un mot, comme des malheureux...
Nous logions dans un petit hôtel fort sympathique quoiqu’un peu cher pour la façon dont nous étions parqués, tous les quatre dans la même chambre. Nous n’étions pas accoutumés à ce genre de vie, il fallait tout apprendre. Nous prenions par exemple tous nos repas au restaurant. Le dernier jour du mois, malgré nos rémunérations raisonnables, nous n’avions pas assez d’argent pour payer la note de l’hôtel. Il va falloir que cela change.

Heureusement, très vite notre spectacle va avoir du succès et d’autres discothèques vont entendre parler de nous.

Dans notre show, il n’y avait pas un temps mort, beaucoup d’humour et des tableaux nouveaux pour ce public si difficile qu’est celui des boîtes de nuit. Pinky se surpasse de drôlerie dans un numéro comique qui met en scène deux bonnes sœurs et un curé. Ca marche toujours ! Maxine est divin dans “I Never Love This Way Again”, cette superbe chanson de Diane Warwick et dans sa « Rockeuse de diamant ». Moi, je les attends au tournant avec mon éternel : “Je ne suis qu’une chanson”. Eh oui, déjà à l'époque!

Maxine de Villeneuve

Maxine de Villeneuve

Cerise sur le gâteau, nous voyageons avec Catherine, notre propre éclairagiste qui connait par cœur notre spectacle et nos caractères. Notre point fort était je crois aussi, d’être une troupe qui se connaissait bien.

Voilà, nous sommes en tournée.

Le personnel de la Chimère de Châteaurenard se rendait bien compte à travers les commentaires de leurs clients que notre spectacle plaisait. Après une semaine, ils étaient beaucoup plus sympathiques avec nous. Ils nous prévenaient régulièrement quand les propriétaires d’autres établissements de nuit qui présentent ce même type de spectacle venaient discrètement nous auditionner.

Nous étions partis pour un mois, nous sommes restés des années sur les routes. Après Châteaurenard, nous avons enchaîné avec Aubagne, à “La Taverne du Puisatier”. C’est une cave “Dîner-Spectacle” très particulière. Côté restauration, on n’y choisit pas son menu, la boisson est servie à volonté et qui plus est, on mange avec les mains ! L’atmosphère y est vraiment extravagante. Une équipe formidable réussissait à mettre une sacrée ambiance avant le spectacle. Vivianne, Jean-Jacques et Tonny sont absolument charmants avec nous. Seul hic, la scène, elle est minuscule. On y accède après avoir descendu l’escalier qui va du premier étage, l’entrée du restaurant, à la salle de spectacle au sous-sol. On traverse ensuite cette même salle avant d’arriver enfin sur la scène ! Certains soirs c’était le “Paris-Dakar”! Quand je pense que bien des artistes se plaignent parfois de quelques conditions difficiles ! Quand on a travaillé à la Taverne du Puisatier on peut travailler partout. Nous y resterons plusieurs mois et y reviendrons souvent. C’est là que Jean Roch, l’un des rois des nuits Parisiennes et Tropéziennes est venu nous chercher pour nous engager dans une de ses premières discothèques, à Toulon.

Adrien, Pinky et Maxine à la Taverne du Puisatier à Aubagne.

Adrien, Pinky et Maxine à la Taverne du Puisatier à Aubagne.

Un soir Viviane la patronne de la Taverne me

-Tu sais qu’avec ta perruque rousse tu ressembles à cette chanteuse, comment s’appelle-t-elle ? Elle chante, je suis une catin…

Mylène Farmer cartonnait en 1986 avec « Libertine ». Si tôt dit, si tôt fait, le lendemain je découvrais l’album « Cendres de lune » et deux jours plus tard j’imitais pour la première fois « La Farmer » sur la scène de la Taverne.
Vous vous rendez compte, il y a presque quarante ans de cela. Toute une génération de transformistes qui imite Mylène aujourd’hui n’étaient même pas nés ! Et si moi je devais reprendre cette imitation aujourd’hui je ressemblerais sans doute d’avantage à Endora la mère de « Ma sorcière bien Aimée » qu’à la diva aux cheveux roux.

Mais comment fait Mylène Farmer, la vraie, pour ne pas changer ?

Moi - Mylène Farmer 1986.

Moi - Mylène Farmer 1986.

Nous avons ensuite enchaîné avec d’autres cabarets. Aix-en Provence, Cannes, et Genève, à la légendaire “Garçonnière”. Nous avions bien sur entendu parler de cet endroit incontournable dans le genre. Nous savions que les plus grands professionnels s’y produisaient. Nous savions aussi qu’il y avait un animateur résident à la redoutable réputation : “Lou Scarol”. Si vous voulez vous l’imaginer, disons qu’il pourrait être la mère de Marie-Thérèse Porchet et la sœur de Dame Edna Everage. La légende disait que Lou était un artiste méchant. Par exemple, qu’en arrivant sur scène il marchait sur les costumes des stripteaseuses qui avaient eut l’outrecuidance de laisser trainer leurs affaires. Il ne faut pas toujours croire les légendes.

Le propriétaire de “La Garçonnière”, Frédéric Richner était un homme qui s’y connaissait en spectacles. Il avait vu défiler des centaines d’artistes dans son établissement. Venu nous découvrir lui aussi à Aubagne, il avait décidé de nous engager. J’avoue que personnellement, je redoutais beaucoup d’être confronté à Lou Scarol, l’animateur présent dans la maison depuis tant d’années. Il avait « son » public.

En réalité tout s’est très bien passé, car la réputation de Lou n’était entretenue que par les mauvaises langues (que je n’arrivais pas encore à repérer à l’époque).
C’était un monsieur qui savait apprécier les spectacles de qualité. Il nous a toujours mis en valeur et aimait même se prêter à nos jeux en participant à nos tableaux de temps en temps. Il était l’un des grands professionnels que cette tournée m’ait donné de rencontrer. Sur scène, il faisait « Dame » dans des petits tailleurs de “La MIGRO” (le Monoprix Suisse). Dans la lumière cette Lady d’un certain âge disait des horreurs, c’était décalé à souhait.

Il me revient une anecdote à son sujet. Lou aimait bien boire son petit whisky-coca, et nombreux étaient les clients qui lui en offraient pendant le spectacle. Lou ne se gênait pas et arrêtait son numéro pour trinquer avec ses bienfaiteurs. Il parvenait à se faire offrir un nombre considérable de verres pendant la durée du spectacle. Toujours est-il qu’il lui arrivait de recevoir cinq à six verres en même temps. Il en avait toujours de trop. Il descendait alors avec l’excédent dans la loge au sous-sol, et versait le contenu dans une carafe posée sur sa table de maquillage. Cela lui servait de réserve pour les maigres soirs! Imaginez l’allure du whisky-coca après avoir stagné plusieurs jours dans la carafe. Sans parler des petites traces de bave et de rouge à lèvre qui s’y étaient mélangées, (pardon Lou). Cela faisait un breuvage que même le plus alcoolique d’entre nous n’avait pas envie de lui dérober. Un soir, je ne me sentais pas très bien, j’avais mal au cœur et la tête me tournait un peu. Je m’assis tout pâle à ma place dans la loge. Oh non, je vois Lou qui vient vers moi avec “la carafe” et qui me sert un plein verre de l’effroyable mixture en me disant:

- Tiens bois ça, ça va te remonter.
Partager sa carafe, ce fut une telle preuve de considération venant de lui qu’il m’était impossible de me dérober. Je dus boire mon plein verre de vieux whisky et vieux coca chaud sans bulle ! J’ai encore été plus malade, mais je savais alors que je faisais vraiment partie des artistes que Lou appréciait.

Vers trois heures du matin, les clients de la Garçonnière voyaient toujours un vieux monsieur en gabardine grise qui traversait la salle et passait devant le bar en faisant un signe discret aux serveurs. Il n’était plus question de le retenir en lui offrant un verre. Il ne fallait surtout plus lui parler du spectacle, le clown était démaquillé. Lou n’était pas une folle, le vieux monsieur rentrait chez lui, sa journée de travail était terminée.

Maxine et Philippe dans la loge de la Garçonnière avant de monter sur scène.

Maxine et Philippe dans la loge de la Garçonnière avant de monter sur scène.

En évoquant “La Garçonnière”, j’ai aussi envie de vous parler de Gréta, un autre sacré personnage des nuits Genevoises. Il dirigeait un restaurant de nuit où les artistes aimaient se retrouver au petit matin, « L’Ane Rouge ». Greta avait également une réputation certaine, mais là aussi nous avons été émus par sa gentillesse à chacune de nos rencontres. Pourtant tout n’était pas gagné. Philippe, qui était venu nous rejoindre en tournée, imitait Nicole Croisille, Gréta aussi ! Ce dernier fut noble et magnifique saluant même la prestation de Philippe. Il avait l’élégance des grands artistes.

Philippe et Maxine à "L'âne rouge" chez Greta. Avec deux amies artistes.

Philippe et Maxine à "L'âne rouge" chez Greta. Avec deux amies artistes.

Transition toute trouvée pour vous parler de Nicole. Nous l’avons rencontrée pour la première fois dans ce même établissement justement, « La Garçonnière ». Elle donnait un concert à Genève et comme beaucoup d’artistes après leur prestation elle avait prévenu qu’elle passerait prendre un verre au club pour se détendre. Elle est arrivée pendant que j’étais sur scène et que j’imitais Jacques Brel.
Pour rejoindre la table qui lui était réservée, elle devait passer devant la scène. Eh bien figurez-vous qu’elle a exigé d’attendre que mon numéro soit terminé avant d’aller s’installer. Elle est ensuite venue dans les loges me féliciter, elle avait adoré. J’étais fou, très ému car c’était la première fois qu’une artiste d’une telle renommée venait me voir en coulisses. Pendant une heure, elle a entretenu avec moi un dialogue d’artiste à artiste sans distinction de genre, une relation d’égal à égal. J’étais épaté car en 1986 Nicole Croisille était déjà une très grande vedette.

Bien des années plus tard à l’issue d’un de ses concerts à Paris, je suis allé la saluer et quelle ne fut pas ma surprise qu’elle me reconnaisse et de l’entendre s’exclamer à son entourage :

- Ce garçon fait une imitation de Jacques Brel formidable.

Cela m’a touché, elle n’avait pas oublié notre rencontre à Genève, ses propos étaient sincères.

Cette « Garçonnière » était un lieu où les célébrités aimaient venir s’encanailler. Une Baronne dont le nom rime avec fortune, célébrité et savoir vivre. Un illustre animateur télé. Du reste ce dernier n’apparaissait au bar que pour se choisir une sirène (définition de sirène : femme à queue, bien entendu !) Pas un instant, il ne regardait le spectacle des transformistes. C’était décevant de la part d’un type qui prétendait aimer les artistes de cabaret, et qui les a d’ailleurs bien utilisés par la suite dans ses émissions de télévision. Pas vraiment sympa, loin de l’image du présentateur populaire que j’imaginais, c’est vrai que nous n’étions pas dans le plus grand cabaret du monde, mais quand même…

Dans la loge de la Garçonnière avec Lou Scarol et Nicole Croisille en 1986.
Dans la loge de la Garçonnière avec Lou Scarol et Nicole Croisille en 1986.

Dans la loge de la Garçonnière avec Lou Scarol et Nicole Croisille en 1986.

Il nous est aussi arrivé cette histoire qui fait le régal de certains de mes amis quand je la raconte en fin de dîner. Un soir, après le spectacle nous avons été invités à la table d’un riche industriel. Ce dernier était venu se détendre quelques heures dans ce temple de la joie et de la bonne humeur. Il n’était pas question pour lui de nous offrir un verre, mais bien à chacun, une bouteille de ce que nous désirions boire. Ce monsieur, du reste fort sympathique n’avait qu’une envie, nous convier tous à un petit déjeuner sans passer par l’étape de démaquillage. Jusque là me direz vous rien d’exceptionnel. Mais lorsque vous saurez que l’homme d’affaires était descendu dans le palace le plus prisé des bords du lac de Genève, vous comprendrez notre griserie. Vous auriez vu la tête des maîtres d’hôtel quand nous sommes arrivés vers sept heures du matin. Nous jouions “Les Desperate Housewife” dans des tenues “discrètes”, maquillés comme des camions volés, la barbe naissante, presque des « Conchita Wurst ». Impossible de nous refuser l’entrée, notre hôte était un gros client. Nous avons donc pris notre petit déjeuner parmi les bourgeoises matinales.

Les serveurs ébahis y allaient tous de :

- MESDEMOISELLES désirent-elles du café ou du thé ?

- Je vous en prie MADEMOISELLE ...

Le tout sous le regard médusé d’une clientèle pétrifiée !

Nous nous sommes quittés vers huit heures trente du matin alors que la secrétaire particulière de « monsieur » arrivait et nous sommes allés nous coucher.

Qu’est-ce que nous avons ri !


J’étais encore officiellement le compagnon de Philippe mais nous nous étions éloignés l’un de l’autre avec le temps. Même si nous faisions « chambre à part », je n’avais pourtant jamais envisagé de le quitter, il était mon socle, j’avais besoin de lui. Mais ma vie en tournée était très différente de celle que je menais à Bruxelles. Je me sentais plus libre alors je me suis autorisé quelques coups de cœur.

A Genève, justement j’ai rencontré le fils d’un émir arabe, un garçon à la beauté sauvage et au regard perçant. Un soir, il m’invite à diner au restaurant d’un grand hôtel Genevois sur les bords du lac. A la fin du repas il me demande ce que j’ai pensé de la soirée ? Je lui ai répondu que j’avais passé un bon moment, que l’endroit était magnifique. Et il me dit :

-Je voulais ton avis car mon père vient de m’acheter ce Palace !

Vingt ans après cette anecdote, j’ai reçu un soir de St Sylvestre un appel de Londres pour me souhaiter la bonne année. C’était lui et depuis, plus rien.

Giorgos lui était Grec, il faisait ses études à l’école hôtelière de Lausanne. Un soir après le spectacle, il m’invite à prendre un verre chez lui. Arrivé près de la prestigieuse institution, il me dit :

-Je vais garer la voiture au parking de l’école.

Le premier sous-sol était réservé aux voitures des élèves, il y avait des Porsches, des BMW, des Mercedes et même une Rolls ! J’adore la Suisse. J’ai continué à avoir des nouvelles du beau grec jusqu’en 1994, après plus rien.


Et puis, il y eu cette histoire. Un soir que nous quittions la Garçonnière vers trois heures du matin avec notre sac sur le dos, je passe devant le bar. Se trouvait-là un garçon d’une grande beauté. A mon passage il me dit :

-Je peux me mettre dans ton sac pour rentrer avec toi ?

Je le regarde abasourdi et ne trouves rien de mieux à répondre que :

-Mon sac est trop petit !

Une fois dehors Maxine me dit :

-Mais tu es fou, tu as vu comme il est beau ! Il veut rentrer avec toi et toi tu ne trouve rien de mieux à dire que « mon sac est trop petit » ! Tu n’es qu’une pauvre fille.

Moi :

-Mais il disait cela pour se moquer de moi, tu as vu, c’est un top modèle ce type !

Maxine :

-Avec le regard qu’il t’a fait crois-moi, ce n’était pas pour plaisanter !

Le lendemain, le beau jeune homme était de nouveau au bar au moment de notre départ de la Garçonnière. Je m’étais renseigné auprès du barman, il s’appelle Max. Je passe devant lui, il me sourit et je lui dis :

-Ce soir, j’ai un grand sac si tu veux…

J’ai vécu des bons moments avec Max mais je n’étais pas très à l’aise à ses côtés. Je le trouvais trop beau pour moi. La preuve, un soir dans une discothèque de Courchevel où nous nous trouvions tous les deux, j’ai entendu un garçon dire à son copain :

-Tu as vu il y a le beau Max, et tu as vu avec « quoi » il sort !

Cette moquerie venait de confirmer ce que je ressentais depuis le début de notre relation.

Mon portrait par Max Selleri.

Mon portrait par Max Selleri.

C’est dans ma chambre qu’il a commencé à peindre, il à fait mon portrait. J’ai su que c’était moi parce qu’il me l’a dit car Max peint les choses à sa façon...

Il a énormément de talent ses peintures sont à son image, elles sont trop belles comme disent les jeunes d’aujourd’hui.

Il y eu également Bruno mais stop, ce livre est consacré à mon travail et non à mes amours. Il faut dire qu’à l’époque les deux étaient souvent associés. Il y avait une ambiance particulière dans les clubs de nuit qui présentaient des spectacles transformistes. Une atmosphère de fête bien entendu mais aussi de tolérance et de liberté peut-être entretenue par la diversité de la clientèle que l’on y croisait. Je ne suis pas certain de pouvoir retrouver cela aujourd’hui. Cela tombe bien j’ai passé l’âge de me trémousser sur une piste de danse.

Une nouvelle “Garçonnière” est née depuis peu à Genève paraît-il. Un jeune garçon doit certainement y imiter Mylène Farmer !

Max avec Line Renaud et à Courchevel.
Max avec Line Renaud et à Courchevel.
Max avec Line Renaud et à Courchevel.

Max avec Line Renaud et à Courchevel.

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Philippe 10/01/2016 14:05

Nostalgie je me rappelle de votre show à la chimère super spectacle inoubliable resteras grave a tout jamais

dandy 11/07/2014 22:39

des histoires vrais(j'apprends toujours de bonnes choses avec Les Hirondelles), avec des artistes de grand talents..Merci Bernard pour ce beaux moments souvenirs

dandy 11/07/2014 22:38

Une histoire vrai plaine de belles anecdotes ainsi que le parcours de cette troupe d'artistes de grand talent , que je connu..;Merci Bernard pour ce beaux moments de souvenirs