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Bigoudis, Biceps et Cie 2

Publié le par Adrien Lacassaigne-Vivier

Donc si je fais le bilan de ma vie professionnelle, je suis sur scène à partir de 15 ans. Je touche un peu à tout, à la danse, à la comédie mais jusqu’au début des années 80 nous allons considérer cela comme de l’apprentissage. Vers 20 ans j’entre dans la vie active. Je travaille surtout comme transformiste. Cela va durer jusqu’à environs mes 40 ans. Il y a ensuite un peu de télévision et les vingt dernières années, j’ai animé des émissions de radio sur France Bleu. Une demi-vie de paillettes, je suis belge et je me prénomme Bernard et une demi-vie de micro, je suis français et je me prénomme Adrien. Quels sont les signes de la schizophrénie déjà ?

Commençons donc par ce métier de transformiste.  A part quelques initiés qui visualisent tout de suite le personnage coloré que j’ai pu incarner, les autres doivent se demander ce que cela peut bien vouloir dire exactement : transformiste.  Vous pourriez imaginer bien des choses curieuses.  Tous les mots se terminant en « iste » de nos jours étant souvent synonyme de coquin, voire de luxure : Echangiste, Nudiste, Sexiste, Fétichiste, Macroniste… J’aurais bien aimé ! Mais ce n’était que mon métier. Après avoir traîné dans les couloirs des conservatoires et rêvé de la « Comédie Française », comment me suis-je retrouvé à travailler en talons hauts pendant tellement d’année ?  Je n’ai évidemment pas la date précise de mon premier numéro de travesti, ce n’est pas le genre de chose que l’on note dans un agenda : « aujourd’hui 10 novembre je me suis déguisé en fille ! » alors, savoir à quel moment je suis véritablement devenu transformiste, c’est impossible. A 4 ans peut-être, j’ai une petite photo en noir et blanc où l’on me voit jouer avec la nappe de la salle à manger pour en faire une somptueuse robe de princesse.

Bigoudis, Biceps et Cie 2

Ou alors à 14 ans lorsque je participe à un concours de déguisement pour le carnaval de Marchienne-au-Pont en Belgique et que je remporte le premier prix déguisé en fille (très vulgaire, j’ai aussi la photo).

Bigoudis, Biceps et Cie 2

A moins que cela ne soit en 1978 dans mon studio parisien de la rue Pierre Semard, un soir j’imite Liza Minnelli pour amuser mes amis.  Je ne sais pas. Chacun, à sa guise en lisant ce qui va suivre définira à quel moment tout a basculé.

Bigoudis, Biceps et Cie 2

C’est très souvent que des jeunes gens pleins d’ardeur et empressés de brûler les planches m’ont demandé comment devenir transformiste ?  Il ne m’a jamais été possible de leur répondre.  Tous les professionnels que j’ai croisés se sont révélés dans ce métier de façons très différentes les unes des autres. Il n’y a ni règles, ni écoles.  Je peux juste raconter comment cela s’est passé pour moi, comment d’un garçon timide et réservé, je suis devenu cette « créature » forte en gueule. 

Nous ne sommes pas très nombreux à avoir embrassé une carrière de transformiste « professionnelle ».  Chaque décennie doit compter une centaine d’artistes du genre, pas plus je crois. Les lignes qui vont suivre s’imposent à moi, c’est mon « inventaire à la Prévert ». Vous ne connaissez probablement aucun des artistes de que je vais citer, vous pouvez toujours lire leurs noms comme une élégante poésie. 

Les années 60 ont vu arriver Michou, Coccinelle, Bambi, Kiki Moustique et Sabrina de « l’Alcazar ».

Les années 70 les plus célèbres Michettes comme Hortensia, Duduche, Richard Flèche, Lulu, Tita, Charnas et Pompon… Mais aussi hors de l’exagone Ronnie Royce, Bob Lockwood, Greg Russel, Dame Edna, Leslie Day, Marceline Monsieur, Capucine et évidemment, La Grande Zoa à Bruxelles.

Les années 80, sont celles où j’ai croisé le plus de monde, ce sont mes années, entouré d’Alain du « Coucou Bar », Baby Diamond, Bécassine, Dan Duchet, Dany Play, Diona Lord, Dolly-Doll, France Stratton, Fred, Guy-Guy, Greta, Irène Sue, Joël Evans, Julio, Lady Karigan, Lady lune, Les Incroyables, Les jumelles Joy & Nadia, Lisa, Lou Scarol, Mandarine, Marisa Aleen, Maxine de Villeneuve, Michel d’Orléac, Michel Rossi, Mister Paradise, Pauline, Pascale Paradise, Patrick Lucas, Patrick Debreuck, Pistache, Pinky Andersen, Raphaël, Sabrina By-Night, Thierry Martina, Les Zygfield, et j’en oublie certainement, qu’ils me pardonnent. Tous ces artistes étaient mes vedettes, je les garde encore aujourd’hui comme mes stupéfiantes étoiles.

En 2022, ayant quitté ce milieu depuis si longtemps, il me serait impossible de vous dire qui sont les stars d’aujourd’hui.  J’ai bien lu quelques noms et vu quelques vidéos sur le web : Aharôn Van Eylen, l’époustouflante Barbra Streisand et Johnny Hallyday de chez Micou. Comme moi il vient de Charleroi en Belgique, comme quoi…Loona Joans, Meryl J Ryse ou encore Trevor Ashley en Australie mais je ne les connais que grâce à Facebook où Tik Tok.  Que dire de la réusitte époustouflante de Zize du Panier, il fait la carrière que nous aurions tous aimé faire. Ils sont tous magnifiques, ils osent des choses qui ne me seraient jamais passées par la tête. Des regrets ? Oh que non, enfin je ne crois pas. J’entends une petite voix dans ma tête me dire : MENTEUSE !

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Bigoudis, Biceps & Cie 1

Publié le par Adrien Lacassaigne-Vivier

Regardez-moi en talons hauts, le rouge aux lèvres, fille ou garçon je vis mes rêves.

Regardez-moi, pour exister, me faire aimer je suis prêt à tous les excès.

Regardez-moi, pour ressembler à mes étoiles, c’est toute mon âme que je dévoile.

Regardez-moi, à force de n’être qu’une chanson j’en avais perdu la raison.

Ce soir je veux être ma vie, rire et pleurer comme j’ai envie, ne pas avoir à me cacher derrière des yeux trop maquillés.

Ce soir je veux être ma vie, rien qu’un instant, rien qu’une nuit, ne plus jouer la comédie, me faire aimer tel que je suis.

Regardez-moi, en talons hauts le rouge aux lèvres, sans m’épargner je vis mes rêves.

Regardez-moi, pour un sourire ou une larme, sans hésiter j’offre mes charmes.

Regardez-moi, faire la chanteuse, triste ou frivole pour faire revivre mes idoles.

Regardez-moi, à trop jouer à faire semblant j’en oublie qui je suis vraiment.

Ce soir je veux être ma vie, rire et pleurer comme j’ai envie, ne pas avoir à me cacher derrière des yeux trop maquillés.

Ce soir je veux être ma vie, être accepté tel que je suis,

Et sans regret je vous le dis je suis un garçon travesti.

Voilà, tout est dit ! Cela mérite quand même quelques explications…

Je suis un homme ordinaire, je m’appelle Adrien Lacassaigne-Vivier, c’est mon vrai nom, mais dans les années « 80 », lorsque je portais des talons aiguilles on m’appelait : « Bernard des Hirondelles ». J’étais un artiste à l’ambigüité adroitement apprivoisée, un travesti, une drag-queen, un artiste transformiste, comme vous voudrez… Aujourd’hui je suis à la retraite, j’enfile encore de temps en temps une paire d’escarpins pour m’amuser avec des amis, mais très rarement. Un peu comme un vieux champion de tennis qui taperait la balle avec son petit-fils. Mais attention, j’apporte toujours quand même beaucoup de soin au choix de mes souliers, il faut qu’ils soient assortis à ma tenue, parce que franchement une vielle folle mal chaussée, il n’y a rien de plus pathétique !  En vérité, je me montre encore en talons hauts mais juste en photo et seulement sur les réseaux sociaux. J’exhibe allègrement des vieux souvenirs incroyables aux côtés de vieilles copines désopilantes.  Le web regorge de créatures inénarrables et il faut bien l’avouer j’adore ça. Mes scènes d’aujourd’hui sont « Facebookiennes, Instagrameuse, Tiktokeuse…Ne vivons-nous pas dans un monde où bien des gens s’exhibe allègrement parfois même, devrais-je dire « souvent même » sans se rendre compte du ridicule de la situation, moi y compris.  Combien de fois ne me suis-je exclamé devant une photo publiée par des artistes croisés autrefois : - Oh mon dieu, il où elle a changé !!! Un cri spontané incontrôlable une lamentation cruelle ! Je sais ce n’est pas sympa. Je me console en me disant qu’ils en font probablement autant à mon sujet.  Et puis vous découvrirez très vite en lisant ce qui va suivre que le qualificatif "sympa" n'est pas celui qui vient spontanément à l'esprit de mes collègues d’autrefois quand ils parlent de moi ! Revenons à la décision de coucher mes souvenirs sur le papier.  Deux choses m’y ont poussé.  La première c’est un constat. Au moment de prendre ma retraite j’ai traversé des moments laborieux, la constitution du « dossier -retraite ». Il m’a fallu réunir un maximum de feuilles de paie qui justifient les fameux « trimestres cotisés ». Une corvée qui m’a pris sans exagérer des semaines, mais qui en fin de compte m’a permis de retrouver de ci de là pas mal de documents. Quelle ne fut pas ma surprise devant certains contrats, de me dire : j’avais totalement oublié que j’avais fait cela ! C’est effrayant ! Seconde chose, je m’étais promis que lorsque j’aurais du temps, ce qui est maintenant le cas, je numériserais les centaines de photos qui traînent dans des cartons ou des albums défraîchis. Même constat, je me suis souvent exclamé devant un cliché : j’avais totalement oublié cela ! Pire : qui est cette personne avec moi sur la photo ??? Il était donc grand temps de mettre un peu d’ordre dans les cartons et dans ma tête, je me suis dit je vais écrire !  Écrire les souvenirs d’une vie tellement riche d’anecdotes incroyables.  Je dis « souvenirs » car le terme d’autobiographie est beaucoup trop prétentieux, je le laisse aux « stars ».  Je ne suis ni célèbre, ni méritant, ni même "particulier" au point de consacrer un récit sur ma vie, je le sais, et pourtant me voilà devant mon ordinateur. J’assume mes contradictions. Je n’ai jamais été attiré par la littérature, je crois avoir lu mon premier livre vers 30 ans. J’éprouve cependant un certain plaisir à cet exercice d’écriture. Les mots s’échappent, comme pour libérer un peu de places dans ma tête, comme pour marquer à jamais les images du passé. Vais-je tout dire, même les choses les plus sombres et inavouables ? Je ne sais pas, je vais me laisser porter par le mouvement. Évidemment une petite voix dans ma tête me dit que cela ne va intéresser personne. Si j’avais un éditeur à mes côtés il me dirait : ça ne « marchera » pas laisse tomber !  Faut-il être vraiment certain du succès d’une entreprise pour s’aventurer vers elle ? Je me suis posé une question : As-tu envie de raconter ce que tu as vécu ? Oui, je crois en avoir envie. Alors, fais-le. Toute ma vie j’ai vécu comme ça, suivant mes inclinaisons sans me poser d’autres questions. C’est peut-être cela un artiste. Nous y voilà, je crois que c’est dans cette catégorie que l’on va me ranger le jour du grand départ. « C’était un artiste ». Cela veut dire bien des choses, souvent farfelues, de temps à autre admiratives, parfois méprisantes…Artiste, c’est mon métier mais aussi une nature profonde, un état d’esprit chez moi. J’ai exercé ce travail sans toutefois avoir réussi à sortir du lot. Je ne suis jamais devenu populaire. Est-ce un regret ? Peut-être… Quel danseur, quel comédien, quel musicien n’a jamais eu envie de la reconnaissance de ses pères ? Devenir étoile, sociétaire de la maison de Molière, soliste virtuose. N'allez pas imaginer que je me lamente, que je souffre d’aigreurs chroniques provoquées par une carrière ratée, non. Je suis conscient et responsable. Je n’ai probablement pas toujours été suffisamment travailleur. J’ai parfois fait des mauvais choix, en revanche j’ai la conviction d’avoir toujours exercé ce métier avec passion et certainement pas « pour que ça marche » alors je ne vais pas commencer aujourd’hui. Houlala, ça sent la réflexion du vieux con, ça !  

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Le plancher de la cave, c'est fini.

Publié le par Adrien Lacassaigne-Vivier

Il aura fallu presque un an pour finir ce plancher. J’ai des circonstances atténuantes mais quand même… heureusement que je n’ai pas eu l’idée de m’installer comme artisan ! J’y suis allé à mon rythme, chaque fois je fixai dix planches, je préparais dix planches avec du saturateur au dos et je traitais les dix planches fixées. J’ai calculé qu’a ce rythme j’avançais de 70 cm par matinée de travail. Voilà c’est fait 120m2 de plancher tout neuf.

Le plancher de la cave, c'est fini.Le plancher de la cave, c'est fini.

A l’arrivée il fallait raccorder avec un sol pas toujours très droit, j’ai décaissé à la pioche et Pascal s’est chargé des finitions. Je suis vraiment satisfait du résultat, le bois et la roche se marient bien je trouve.

Le plancher de la cave, c'est fini.Le plancher de la cave, c'est fini.
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Comment est née la chanson "Regardez-moi"

Publié le par Adrien Lacassaigne-Vivier

« Regardez-moi ».  C’est le titre d’une chanson qui clôturait le spectacle transformiste auquel je participais lors de mes dernières apparitions professionnelles sur scène, elle est signé Dominique Philippeau. Je considère cette création de Dominique comme un véritable cadeau de fin de carrière. Vous devez savoir que depuis 1980, à chaque fin de mes spectacles je me démaquillais sur scène et je quittais mon habit de lumière, devant le public.  Je ne sais combien de centaines de fois j’ai exécuté systématiquement cette pirouette. C’était comme un cruel retour à la réalité que j’imposai au public. Pendant trente ans, j’ai utilisé pour ce numéro la chanson interprétée par Ginette Reno : « Je ne suis qu’une chanson ».  Un texte et une mélodie magnifique servie par une interprétation magistrale.  Pour ceux qui ne connaissent pas, prenez immédiatement la direction de Deezer ou YouTube ! Cette chanson de Ginette Reno composée par Diane Juster, il faut quand-même le dire, m’a collé à la peau pendant toute ma carrière.  Pendant plus de trente ans elle a été ma signature, mais aussi magnifique soit-elle, mes dernières années de spectacle, je ne pouvais plus l’entendre.  Je ne supportais plus d’interpréter ce numéro ! J’ai souvent essayé d’éviter ce final mais on me le réclamait, voire me l'imposait, toujours et toujours.  Chaque année nouvelle je disais à mes collaborateurs : - Bon cette fois je ne fais plus « Je ne suis qu’une chanson » !  Mais toujours je faisais marche arrière, un peu lâchement.

Je me souviens que même des grands professionnels du spectacle comme Frédéric Richer, le patron de « la Garçonnière » de Genève ou même Jacky Alibert, le patron du célèbre « Flamenco » au Lavandou n’échappaient pas à la règle. Ces deux pontes du spectacle transformiste imposaient pourtant à tous les artistes qu’ils changent de numéro toutes les semaines ! Eh bien pas « Je ne suis qu’une chanson » ! Je devais exécuter ce numéro tout le temps où je me trouvais dans leurs établissements. Je pensais pourtant avoir des arguments pour convaincre autour de moi. Je disais que la chanson avait vieilli (même si je ne le pensais pas).  Un peu diva capricieuse je disais aussi que je n’arrivais plus à être sincère tous les soirs ! Tu parles c’était des conneries. Je prétextais aussi souvent qu’aujourd’hui tout le monde faisait ce numéro de « Chez Michou » aux plus petites fêtes de village… ce n’est même plus original, mais rien n’y faisait.  Laurent Boiset, mon dernier collaborateur me disait « oui mais ça plait au public, les gens viennent et s’attendent à voir ce numéro, si tu ne le fais pas ils sont déçus ! » alors je cédais et je terminais toujours les spectacles par ce numéro. 

Et c’est en 2011 que le compositeur Vendômois, Dominique Philippeau m’a proposé « Regardez-moi » pour remplacer « Je ne suis qu’une chanson ». Je m’étais ouvert à lui autour d’un verre de champagne, un soir après le spectacle. J’adore ton numéro « Je ne suis qu’une chanson » m’avait-il dit.  Je lui ai répondu : oh non, pas toi… si tu savais comme je n’en peux plus de cette chanson !  Il m’a regardé très étonné et me dit, mais tu voudrais faire quoi pour la remplacer ? Je lui ai répondu, je ne sais pas, mais probablement quelque chose de plus personnel. Il me dit : Qu’est-ce que tu voudrais dire ? Quelles sont tes mots à toi ? J’ai griffonné quelques idées, quelques phrases. Trois semaines plus tard, Dominique est venu un après-midi chez moi avec la maquette de sa composition.  J’ai inséré le CD dans le lecteur du salon et après 30 secondes d’audition, je savais qu’il venait de m’offrir une perle. Dominique avait composé « Regardez-moi » en s’inspirant de ce que j’avais écrit mais surtout de ce qu’il avait vu et ressenti en m’observant sur scène.  Une création parfaite et sur mesure, comme par exemple cette phrase « A force de n’être qu’une chanson, j’en avais perdu la raison ! ».  Quel merveilleux cadeau !

J’avais décidé qu’après cette année 2011 je raccrocherai définitivement les talons aiguilles, je ne pouvais trouver plus belle sortie.  Merci à toi Dominique pour ton talent et ta sensibilité, merci à Nathalie Lacour pour son interprétation éclatante et merci à Laurent Boiset le réalisateur du projet pour avoir rendu tout cela possible.

Je n’ai évidemment nullement la prétention d’avoir inventé cette fantaisie de fin de show.  Se démaquiller devant les spectateurs d’autres artistes l’avaient certainement déjà fait avant moi, mais pas sur cette chanson de Ginette Reno.  Bien des professionnels de mon époque vous le confirmeront je crois, c’est une création personnelle.  Aujourd’hui encore beaucoup d’artistes exécutent ce numéro « Je ne suis qu’une chanson » en revendiquant l’originalité de leur prestation. Lorsque j’étais jeune et professionnel et qu’un autre copiait mon numéro, j’étais fou de rage.  J’étais blessé et j’avais toujours envie de rétablir « ma » vérité, parfois même violemment.  Aujourd’hui, cela m’amuse et si autrefois j’étais furieux, maintenant je suis plutôt fier de cela. Certains artistes sont entrés en relation avec moi après avoir entendu « Regardez-moi », ils veulent savoir comment se procurer la chanson. J’ai toujours répondu en leur envoyant le fichier MP3 en pièce jointe. La musique est faite pour être partagée, j’ai mis longtemps avant de le comprendre.

 

 

Comment est née la chanson "Regardez-moi"
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La nouvelle revue du Paradis Latin "L'oiseau Paradis"

Publié le par Adrien Lacassaigne-Vivier

La nouvelle revue du Paradis Latin "L'oiseau Paradis"

A ma sortie du Paradis Latin l’autre soir j’ai posté ceci : « Kamel Ouali n’est pas Jean-Marie Rivière » ce qui aurai pu laisser penser que je n’avais pas aimé le spectacle, c’est faux. Je précise donc ma pensée.

Je n’avais pas réservé une table au « Paradis » depuis 1990 et la revue « Viva Paradis », voilà donc près de 30 ans.

La salle n’a rien perdu de sa magie. J’ai adoré la chanteuse qui anime la soirée pendant le dîner, sa voix est divine, son répertoire est parfait. L’idée de faire participer les danseurs déguisés en animaux me semblait de bel augure.

La revue commence par l’apparition d’une danseuse vêtue d’un habit de « Napoléon » seule sur la scène elle se retrouve très vite nue ! Bon soit, et après… Après rien, un tableau s’enchaine. 48h après le spectacle j’ai totalement oublié à quoi ressemblait cette « ouverture ». Je suis pourtant extrême sensible à ce genre de détail. Je connais encore aujourd’hui par cœur les paroles de l’ouvertures de la revue « Paris Paradis » où « Champagne ». Première petite déception.

J’ai vu un beau spectacle certes, mais qui ressemblait davantage à une succession de chorégraphies, comme si j’étais devant l’émission de télévision « Danse avec les stars » ! Les danseurs sont parfaits, les chorégraphies sont parfaites, mais pourquoi n’ai-je pas décollé ?

C’est ici que reviens ma phrase « Kamel Ouali n’est pas Jean-Marie Rivière ».

Je ne suis absolument pas (enfin je l’espère) un adepte du « c’était mieux avant » mais il y a des codes à respecter si l’on veut créer une revue, et je ne suis pas certain qu’ils aient ici tous été honorés.

Parmi ces traditions, les attractions internationales que l’on insert dans la revue. Ici, rien à redire elles étaient parfaites.

La meneuse de revue : La Paradis Latin à misé sur le nom d’Iris Mittenaere, Miss Univers 2016. C’est un bon coup de communication, mais la dame n’était pas là. J’avais pourtant vérifié en réservant ma table, le calendrier de présence de la vedette, mais ce dernier ne devait pas être à jour… Pas de Miss et pas d’explication de l’établissement. J’ai donc découvert une meneuse de revue inconnue. Et c’est ici probablement la plus grosse erreur de Kamel Ouali. C’est danseuse n’avait aucun charisme, rien pour être à cette place. La pauvre est même tombée sur scène ! Ne peut-on lui offrir une « master class » avec Lisette Malidor où Herma Vos ?

Herma Vos

Herma Vos

Venons-en à la présentation, le Paradis Latin a misé sur une jeune femme se présentant comme « la directrice ». J’ai voulu y voir un signe de modernité. La jeune comédienne (humoriste probablement) qui interprète ce rôle a beaucoup de courage et de qualités, mais : ça ne marche pas ! Monsieur Sergio qui se repose en Corse, ne pourrait-il venir passer quelques jours à Paris, retrouver le Paradis et aider cette jeune femme à trouver « la vérité » du rôle qu’elle doit interpréter.

Sergio

Sergio

Il y a également un jeune chanteur formidable, dont le rôle dans la revue est mal défini. Il chante extraordinairement bien, j’ai entendu dire qu’il s’agissait d’un ex-candidat de la star Académy qui n’aurait pas réussi à faire une carrière… Cyril Cinélu. Monsieur Kamel Ouali, votre perle elle est là, et il semblerait que vous soyez passé à côté. Ce garçon est sous exploité.

Cyril Cinélu

Cyril Cinélu

Et enfin il y a l’esprit ! Cet esprit si particulier créé par Jean-Marie Rivière de l’Alcazar au Paradis Latin, la fête, la démesure, le rêve…Rien de tout cela dans la nouvelle revue « L’Oiseau Paradis ». Le Mapping vidéo est roi.

Les serveurs en salle sont majoritairement de beaux jeunes gens mais qui semblent s’ennuyer à mourir… Ils ont bien essayé de les faire un peu participer en les faisant monter sur scène avec quelques plumes… rien n’y a fait, ça tombe à plat. Monsieur Lucien et sa brigade c’est bien fini au Paradis.

Et le final ? Rien, idem, pas de souvenirs, pas de refrain entêtant. Un petit final blanc qui fait tchip !

Un mot sur les costumes, ils sont en général pas mal mais sans être époustouflants. Le final en particulier est d’une triste pauvreté.

Oui Kamel Ouali est un excellent chorégraphe, mais à mes yeux ce n’est pas un créateur de revues. J’ai passé une bonne soirée mais qui ne restera pas dans ma mémoire très longtemps. Herma Vos, Ursuline Carlson, Sergio, Jean-Marie… je pense à vous.

 

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Pauvre Pascale...

Publié le par Adrien Lacassaigne

Je voudrais quand même dire à Pascale Clark, qu’entre le métier de journaliste qu’elle ne semble plus exercer et celui de « DJ » qu’elle a choisi, il existe le métier « d’animateur radio » ! N’en déplaise à cette dame nous sommes très nombreux à exercer ce métier à Radio France. Parfois même dans des conditions bien plus délicates et avec autant d’efficacité ! Nous ne pleurnichons pas pour autant après une « carte de presse ».

Pauvre Pascale...
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Yves Saint Laurent

Publié le par Adrien Lacassaigne

J’ai donc vu le film de Jalil Lespert, « Yves Saint Laurent » hier soir.

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Que dire d’un film où le talent est partout !

La réalisation élégante de Jalil Lespert. L’interprétation irréprochable de Pierre Niney et Guillaume Gallienne, les dignes petits-enfants de Robert Hirsch au Français.  Le Génie d’Yves Saint Laurent.  La force de Pierre Bergé.  La beauté de Paris et Marrakech

Tant d’excellence me donne envie de réécouter l’album d’Alain Chamfort « Une vie Saint Laurent » qui n’a pas eu le succès qu’il méritait.

 

 

C’est grand, c’est beau, c’est parfait.

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Guillaume Gallienne

Publié le par Adrien Lacassaigne

J’ai donc vu le film de Guillaume Gallienne, « Les Garçons et Guillaume à table ». J’ai passé un bon moment, certes mais à mon sens ce n’est quand même pas  « le film » de l’année.

Malheureusement une fois encore tous les effets sont dans la bande annonce ! 

C’est un bon film mais je préfère Guillaume Gallienne dans le rôle de comédien plutôt que celui de réalisateur. 

Quelle perfection il atteint  dans son jeu d’acteur, il est juste en tout.

Ce garçon est un « Stradivarius » du théâtre.  Quelle chance il a de pouvoir ainsi jouer les femmes sans l’ombre d’une ambigüité dans la critique !

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De mon temps (je hais cette expression) ce n’étais pas possible, hélas pour moi.

Lorsque j’ai débuté au théâtre mes maîtres Robert Hirsch, Jean Le Poulain et  Jacques Charon ne se travestissaient que pour le gala de l’union des artistes ou dans des soirées privées.

Hirsch

Jamais ils ne leur seraient venu à l’idée de jouer « Lucrèce Borgia » comme va le faire Guillaume au Français !

En 1978, je pense avoir été le premier au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris  à proposer « La » scène de la biscotte extraite de la cage aux folles !

J’ai cru que des professeurs comme Pierre Debauche ou Antoine Vitez allaient s’étrangler ! Ils n’étaient pas homophobes mais il n’y avait pas de place pour ce genre de délires.

Merci, les temps ont changé et aujourd’hui Guillaume Gallienne, Michel Fau ou encore Olivier Py s’en donnent à cœur joie au plus grand bonheur des spectateurs. 

Dans les années « 80 » il n’y a eu que sur les scènes des cabarets que j’ai pu donner libre cours à mes extravagances. 

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Mais je n’ai pas dit mon dernier mot, les temps ont changés, pas mes envies de jouer des personnages « décalés »

 

 

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Robert Hirsch dans "Le Père"

Publié le par Adrien Lacassaigne

La nouvelle pièce de Florian Zeller, « Le Père », est époustouflante et Robert Hirsch est grandiose et bouleversant.

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Tout n'est pas expliqué, mais la trame est évidente. Le vieil André, personnage avec lequel Robert Hirsch fait un retour étourdissant, est devenu trop fragile et incohérent pour rester seul chez lui. Le spectateur entre immédiatement dans le désarroi de cet homme, dans ses vérités qui partent en morceaux grâce à l’écriture de Florian Zeller qui s'avère d'un éclat surprenant et d'une profonde humanité.

 

Ladislas Chollat, signe une mise en scène juste et brillante dans un très beau décor d'Emmanuelle Roy

On n'en apprécie également les partenaires de Robert Hirsch.

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D'abord Isabelle Gélinas, d'une magnifique présence et Patrick Catalifo, Élise Diamant, Sophie Bouilloux et Éric Boucher, ils sont tous très bien.

 

Robert Hirsch confirme ici, encore une fois, à 87 ans qu’il est le plus grand comédien français.

 

 Au Théâtre Hébertot à Paris.

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Stage Tapissier

Publié le par Adrien Lacassaigne

Cette année j’avais décidé de profiter de mes vacances pour m’initier à l’art du tapissier.

J’ai choisi de passer une semaine chez Sylvie Martin, installée à Fondettes (37).

J’ai toujours aimé travailler de mes mains et après ma formation professionnelle en broderie d’ameublement chez « Lesage » à Paris il y a quelques années j’imaginais que cela serait un joli complément. 

Je ne me suis pas trompé, quel bonheur de faire revivre un vieux fauteuil en découvrant la méthode traditionnelle.

 

J'ai acheté un vieux fauteuil Bridge 20€ sur "Le Bon Coin" je l'ai complètement mis à nu.

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Au programme du stage : sanglage, pose de ressorts (guindage), mise en crin, coutures, mise en blanc, pose de tissu et de passementerie.

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J’ai vraiment adoré cette semaine et le résultat n’est pas si mal pour un premier fauteuil, car inutile de vous dire qu’un second est déjà en cours.

Les stages coûtent 350€, plus les fournitures et le tissu. (Un barème des fournitures consommables vous sera remis le 1er jour en fonction du siège à réaliser) Au total, comptez entre 550€ et 600€ le fauteuil pour votre semaine.de stage

L'outillage sera à votre disposition.

Renseignements : http://www.notabene37.com

Mon métier d’animateur m’a certes offert de grande joies mais j’en suis certain aujourd’hui j’aurais adoré travailler de mes mains dans mon atelier…

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